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Après l'éclipse, ces métiers du spatial qui recrutent en France
L'éclipse du 12 août a fait lever les yeux de millions de Français vers le ciel, et relancé au passage la curiosité pour les métiers qui gravitent autour de l'espace et de l'observation astronomique.
Le 12 août, des millions de Français ont levé les yeux vers un soleil rongé par la lune. Dans le Sud-Ouest, l'obscurcissement a dépassé 99 %, plongeant Biarritz et Saint-Jean-de-Luz dans une pénombre inhabituelle en plein été.
Derrière ce spectacle rare, un secteur entier s'active en coulisses, bien au-delà des quelques astronautes qui font rêver les foules. En France, la filière spatiale recrute chaque année des centaines de profils, ingénieurs, techniciens, opticiens, et ne demandent pas toutes un diplôme d'astrophysicien.
« Une centaine de CDI » chaque année, loin des seuls astronautes
Devenir astronaute reste un rêve accessible à une poignée d'élus seulement. La dernière campagne de recrutement de l'Agence spatiale européenne, ouverte en 2021, a récolté plus de 22 000 candidatures pour seulement 5 astronautes titulaires, 11 réservistes et 1 parastronaute retenus. La précédente sélection remontait à 2008.
Le reste de l'aventure spatiale française, en revanche, se construit toute l'année. Le CNES (Centre national d'études spatiales), l'agence spatiale française, recrute « une centaine de CDI dans des métiers spécialisés : mécanique, électronique, physique, télécommunications, génie civil », ainsi que dans les fonctions support, selon les informations publiées sur son site.
Autour de cette agence gravite tout un écosystème industriel. Thales Alenia Space, Airbus Defence and Space et ArianeGroup constituent les trois piliers historiques du secteur, avec des sites majeurs à Toulouse, Cannes et Les Mureaux. S'y ajoute une constellation de jeunes entreprises, souvent désignées sous le terme NewSpace : Exotrail, Hemeria ou Latitude développent notamment des solutions de petits satellites et de propulsion, avec des besoins de recrutement croissants.
Des parcours qui démarrent parfois dès le bac+2
Contrairement à l'image du chercheur solitaire en blouse blanche, le secteur spatial recrute à plusieurs niveaux de qualification. Au-delà de ses recrutements en CDI, le CNES propose des stages, des contrats en alternance ainsi que des thèses et post-doctorats. Une alternance sur les coûts de projets spatiaux ou sur l'ingénierie logicielle de vol permet, par exemple, d'intégrer directement une équipe projet.
L'optique de précision offre une autre voie d'accès, plus courte encore, et le besoin de main-d'œuvre y est marqué. Selon la fédération Photonics France, la filière représente plus de 1 200 entreprises et environ 90 000 emplois en France, pour un chiffre d'affaires cumulé proche de 25 milliards d'euros. Elle créerait chaque année environ 4 000 nouveaux emplois, majoritairement des postes d'opérateurs et de techniciens. Un BTS génie optique, option optique instrumentale, ou un BTS photonique permettent de travailler dès la sortie du diplôme dans des laboratoires ou des entreprises liés à l'astronomie, à l'aérospatiale ou à la métrologie, avec une poursuite d'études possible en licence professionnelle ou en école d'ingénieur pour qui souhaite aller plus loin.
Autour de l'observation, des métiers qui débordent du cadre spatial
Au-delà de l'aérospatiale et de l'optique, l'éclipse a aussi mis en lumière des métiers plus discrets.
Les météorologues étudient depuis longtemps ce type de phénomène : Météo-France a par exemple documenté une baisse temporaire de la température et un ralentissement du vent lors de l'éclipse totale du 11 août 1999, des effets suivis de près à chaque nouvel événement du genre.
Dans les planétariums, observatoires et associations d'astronomie, des médiateurs scientifiques transmettent cette passion au public toute l'année, loin du seul pic d'audience des éclipses.
Quant aux opticiens spécialisés, ils ont vécu de près la ruée sur les lunettes certifiées avant le 12 août, un rappel que la vente et le conseil font eux aussi partie de l'écosystème de l'observation du ciel.
La prochaine éclipse totale ne repassera pas sur le territoire français avant plusieurs décennies. Les métiers qui l'ont rendue observable, eux, n'attendront pas aussi longtemps pour recruter.
à retenir
- Le CNES recrute chaque année environ une centaine de CDI, auxquels s'ajoutent stages, alternances et contrats doctoraux.
- La filière photonique française, elle, emploie environ 90 000 personnes selon Photonics France, avec près de 4 000 nouveaux emplois créés chaque année.
- Les principaux sites industriels du secteur se trouvent à Toulouse, Cannes et Les Mureaux, autour des trois grands maîtres d'œuvre du spatial français : Thales Alenia Space, Airbus Defence and Space et ArianeGroup.
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