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Budget 2027 : ce qui pourrait changer sur votre fiche de paie
Le salaire brut n'est pas visé, mais plusieurs lignes autour de lui pourraient évoluer dès janvier.
Le Gouvernement a présenté le 1er octobre 2026 ses projets de loi de finances (PLF) et de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, avec un effort budgétaire de 54 milliards d'euros à la clé. Que va-t-il en rester en bas de votre bulletin de salaire ? Moins qu'on pourrait le craindre pour la plupart des salariés. Les textes visent surtout deux moments précis de la vie professionnelle, l'arrêt de travail et le départ de l'entreprise. Et rien n'est encore voté.
Pas de hausse générale, mais des ajustements ciblés
Le Gouvernement met en avant l'absence de hausse généralisée des grands prélèvements sociaux. Côté impôt, le barème serait revalorisé de 2,1 %, au rythme de l'inflation. Concrètement, si votre salaire a simplement suivi la hausse des prix, vous ne devriez pas basculer dans une tranche d'imposition plus élevée, et votre prélèvement à la source n'a pas de raison de s'alourdir pour cette seule raison.
Une partie de l'effort repose sur les employeurs. Pour calculer les allègements de cotisations patronales, on tiendrait désormais compte de l'intéressement, de la participation, de l'abondement et de la prime de partage de la valeur versés au salarié. Résultat, 3,7 milliards d'euros d'allègements en moins pour les entreprises. Pour vous, rien ne change sur ces sommes, qui ne seraient pas soumises à vos cotisations.
Arrêt maladie et accident du travail, des indemnités moins protégées
Pendant un arrêt, la Sécurité sociale vous verse des indemnités journalières. La plupart du temps, c'est votre employeur qui les perçoit à votre place tout en maintenant votre salaire (on parle de subrogation) : elles apparaissent alors sur votre bulletin. Sur ces indemnités, en cas d'arrêt maladie, la CSG passerait de 6,2 % à 9,2 %, le taux appliqué aux salaires. Pour 1 000 euros d'indemnités, cela représente 30 euros de CSG en plus (92 euros au lieu de 62).
Les victimes d'accidents du travail et de maladies professionnelles seraient aussi concernées, côté impôt. Leurs indemnités journalières deviendraient imposables en totalité, alors qu'elles ne le sont aujourd'hui qu'à moitié. Celles versées au titre d'une affection de longue durée, aujourd'hui totalement exonérées, deviendraient imposables pour moitié.
Une autre baisse est déjà actée hors budget. Un décret du 30 septembre 2026 plafonne à 1,8 Smic le salaire pris en compte pour calculer les indemnités journalières d'accident du travail et de maladie professionnelle, pour les accidents survenus à compter du 1er novembre 2026. Seuls les salaires au-dessus de ce seuil sont touchés, et le Code du travail prévoit un complément de l'employeur pour les salariés qui ont au moins un an d'ancienneté.
Primes et RTT, des avantages maintenus avec quelques retouches
Bonne nouvelle pour le salarié, les primes liées aux résultats de l'entreprise bougent peu. La prime de partage de la valeur, dont le régime devait s'éteindre fin 2026, resterait exonérée de cotisations jusqu'à environ 3 200 euros par an, une limite qui pourrait être doublée sous conditions. Seul bémol, dans les entreprises de moins de 50 salariés, celle versée en 2027 perdrait son exonération d'impôt sur le revenu. Le rachat de jours de RTT, lui aussi programmé pour disparaître fin 2026, serait pérennisé.
Rupture de contrat, un plafond d'exonération ramené à environ 48 000 euros
Le changement le plus net concerne les indemnités de départ, qu'il s'agisse d'un licenciement, d'une rupture conventionnelle ou d'une transaction. Il repose sur le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), un montant de référence revalorisé chaque année et fixé à 48 060 euros en 2026.
Aujourd'hui, une indemnité de licenciement peut échapper à l'impôt jusqu'à six fois ce plafond, soit près de 300 000 euros, et sans limite dans le cadre d'un plan social. Demain, un seul seuil s'appliquerait, pour l'impôt comme pour les cotisations, quel que soit le motif du départ, à hauteur d'un PASS. Seule la part qui dépasse ce seuil serait imposée et soumise aux cotisations. Prenons une indemnité de 80 000 euros calculée avec le plafond 2026 : 48 060 euros resteraient exonérés, et les 31 940 euros restants deviendraient imposables.
Alors oui, l'écart avec les règles actuelles est spectaculaire. Mais selon le Gouvernement, 95 % des salariés qui touchent une indemnité de rupture la garderaient intégralement exonérée. La mesure vise surtout les montants les plus élevés, puisque 10 % des bénéficiaires perçoivent aujourd'hui près de 80 % des sommes versées.
Ce que vous pouvez vérifier dès maintenant
Vous êtes en arrêt ou exposé à un risque d'accident du travail dans votre métier ? Relisez votre convention collective et votre contrat de prévoyance. Avec la loi, ce sont eux qui fixent le niveau de maintien de votre salaire au-delà des indemnités de la Sécurité sociale, et ils peuvent être plus favorables que le minimum légal.
Vous négociez un départ avec une indemnité supérieure au nouveau seuil ? Côté cotisations, c'est la date d'effet de la rupture qui compterait, et non celle de la signature, avec une bascule pour les ruptures prenant effet à compter du 1er janvier 2027. Côté impôt, le projet ne fixe pas de date d'application spécifique. Avant de signer, faites le point avec votre service RH ou un avocat en droit du travail, en gardant en tête que les textes peuvent encore évoluer.
Pour la plupart des actifs, le budget 2027 devrait donc peu peser sur le bulletin d'un mois ordinaire. Il se ferait sentir surtout quand la vie professionnelle se complique, lors d'un arrêt long ou d'un départ négocié. Les débats des prochaines semaines diront ce qu'il en restera.
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