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IA vs soft skills : que disent les chiffres en 2026 ?

Par Laura Lamassourre Publié le

Beaucoup d’études sur le sujet, mais peu de réponses définitives.

IA vs soft skills : que disent les chiffres en 2026 ?
Le Forum économique mondial estime que 39 % des compétences de base des travailleurs changeront d'ici 2030. © Hellowork

Le lancement de ChatGPT, il y a près de quatre ans, a nourri une nouvelle fièvre internationale. Une question a envahi les médias, les conférences RH et les dîners de famille : l’IA va-t-elle voler votre emploi ? Les études se multiplient, les estimations varient du simple au triple selon les méthodologies, et les conclusions les plus rassurantes côtoient les plus alarmistes dans le même fil d’actualité.

Loin de nous l’idée de jouer les Nostradamus car, sur le sujet, la prudence est de mise. Mais ce qu’on sait avec un peu plus de certitude, c’est ce que les employeurs disent chercher aujourd’hui. On vous décrypte les chiffres les plus récents sur les soft skills, ces compétences que l’IA ne pourra reproduire.

Les compétences que les employeurs réclament depuis dix ans

Pour l’édition de son rapport Future of Jobs 2025, le Forum économique mondial (WEF) a interrogé plus de 1 000 grandes entreprises dans 22 secteurs et 55 économies. Résultat, les trois compétences jugées les plus essentielles ne sont pas techniques : la pensée analytique (citée par 69 % des employeurs interrogés), la résilience et l’agilité (67 %), le leadership (61 %). La pensée créative complète ce top 4.

Ces moyennes masquent des réalités sectorielles contrastées. Dans l'assurance et la gestion des retraites, 94 % des employeurs citent la résilience et l'agilité comme compétences essentielles, contre 67 % en moyenne mondiale. Dans les télécommunications et les services informatiques, c'est la progression de cette même compétence qui est la plus rapide. À l'inverse, dans les industries extractives et manufacturières, la dextérité manuelle reste une compétence clé pour environ un quart des employeurs, bien au-dessus de la moyenne générale. Le classement global donne une tendance ; il ne dit pas grand-chose du secteur précis dans lequel on travaille.

Depuis plusieurs années, ce classement est dominé par les mêmes catégories de soft skills : savoir penser, s’adapter, entraîner les autres. Une stabilité qui dit quelque chose sur ce que les machines peinent à reproduire : dans les situations où les critères de réussite sont multiples ou ambigus, les systèmes d’IA tendent à imiter le comportement humain moyen plutôt qu’à identifier les meilleures décisions, note l'OCDE dans un rapport de 2024. Mais ce que les employeurs déclarent chercher et ce qu’ils valorisent réellement à l’embauche sont deux choses différentes.

bon à savoir

Les hard skills désignent les compétences techniques et académiques : maîtriser un logiciel, conduire un engin, parler une langue étrangère, poser un diagnostic. Les soft skills recouvrent les compétences comportementales et cognitives : savoir communiquer, gérer un conflit, s’adapter à l’imprévu, faire preuve d’empathie, penser de façon critique.

Montée des soft skills, déclin des tâches répétitives : les chiffres

Entre 2023 et 2025, la part des employeurs citant le leadership et l’influence sociale comme compétences essentielles a progressé de 22 points ; la résilience et l’agilité, de 17 points. Ce sont les deux progressions les plus marquées de l’étude du WEF. À noter, tout de même, que ces chiffres reposent sur des déclarations d’intention, pas sur des données de recrutement effectif.

Ces chiffres s’inscrivent dans une tendance plus large. Le WEF estime que 39 % des compétences de base des travailleurs changeront d’ici 2030, contre 44 % en 2023. La transformation reste élevée, mais elle commence à se stabiliser. En clair, les entreprises semblent mieux anticiper les compétences dont elles auront besoin, notamment grâce au développement des programmes de formation continue.

Ce taux varie fortement selon les pays. À l'échelle mondiale, l'Égypte et le Zimbabwe anticipent une mutation de 48 % de leurs compétences d'ici 2030. Les États-Unis se situent dans la moyenne mondiale, à 35 %, tandis que l'Inde (38 %) et le Brésil (37 %) sont légèrement au-dessus.

 

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Le rapport du Forum économique mondial identifie également les compétences qui perdront de l’importance d’ici 2030. La dextérité manuelle, l’endurance et la précision physique connaissent pour la première fois un déclin net prévu, tout comme la lecture, l’écriture et les mathématiques de base, ainsi que la fiabilité et l’attention aux détails. Ce sont précisément les tâches que l’IA et la robotique savent le mieux reproduire.

Ces déclarations trouvent un écho dans les travaux des économistes, chez qui un consensus semble émerger. Selon un rapport conjoint de l’Organisation internationale du travail publié en mai 2025, les véritables gains de productivité liés à l’IA générative ne viendront pas de la suppression d’emplois, mais de la complémentarité entre expertise humaine et capacités technologiques. La transformation est autant organisationnelle que technologique et la façon dont les entreprises choisissent d’introduire l’IA déterminera si elle améliore la qualité du travail ou la détériore.

Les données concrètes sur les offres d’emploi vont dans le même sens, avec des nuances. L’analyse des offres d’emploi dans dix pays de l’OCDE montre que dans les postes les plus exposés à l’intelligence artificielle, la part des offres exigeant au moins une compétence émotionnelle, cognitive ou numérique a augmenté de 8 points de pourcentage sur dix ans. Mais la même étude note que les structures ayant déjà adopté l’IA demandent légèrement moins de certains profils, notamment administratifs. Les effets vont dans les deux sens.

Ce que le marché français révèle

Et, chez les candidats, la prise de conscience s’accélère. Selon l’Enquête candidats-recruteurs 2026 d’Hellowork, 64 % d’entre eux estiment que l’IA fait bouger les lignes sur le marché du travail ; une proportion qui monte à 73 % chez la génération Z. La part de ceux qui n’ont pas d’avis sur la question est passée de 27 % en 2023 à 18 % en 2025. Le flou se dissipe, même si les doutes sur l’impact personnel restent marqués.

Ce ressenti se confirme dans les chiffres du marché. En France, les offres d’emploi dans les métiers exposés à l’IA générative ont augmenté de 274 % entre 2019 et 2024, selon le Jobs AI Barometer 2025 de PwC. Les compétences demandées dans ces professions évoluent 25 % plus vite que dans les autres. Sur le sujet, la France fait exception : alors que la plupart des pays voient baisser les exigences de diplôme pour les emplois liés à l’IA, les recruteurs français exigent désormais un diplôme dans 62 % des cas, contre 58 % en 2019. Le marché s’accélère, mais reste sélectif.

La recherche de candidats pourvus de soft skills suit la même courbe. Entre 2017 et 2022, leur demande dans les offres d’emploi a augmenté de 16 %, selon le baromètre Adecco Analytics. En 2023, les compétences les plus prisées par les employeurs français étaient l’autonomie, la capacité d’adaptation et la communication, d’après le Baromètre des soft skills de Lefebvre Dalloz.

Reconnaître, former, évaluer : trois étapes qui ne vont pas de soi

Reconnaître l’importance de ces compétences est une chose, les développer en est une autre. Si 43 % des organisations françaises ont formé leurs salariés aux soft skills au cours des douze derniers mois, seulement 55 % envisageaient de renouveler l’effort en 2024, soit un recul de 4 points. Et seulement 13 % disposaient de méthodes d’évaluation rigoureuses. Le même manque de préparation se retrouve dans l’usage de l’IA : selon l’enquête Work Reimagined 2025 d’EY, menée auprès de 15 000 salariés et 1 500 employeurs dans 29 pays, si 91 % des salariés français déclarent utiliser l’IA au travail, seuls 14 % estiment recevoir une formation suffisante. Et lorsque le déploiement de l’IA repose sur des bases fragiles en matière de gestion des compétences, les gains de productivité accusent un retard de près de 27 points de pourcentage.

La question du comment former se pose avec autant d'acuité que celle du combien. Une étude d'Anthropic publiée en janvier 2026 (How AI Impacts Skill Formation) l'illustre concrètement : menée auprès de 52 développeurs apprenant une nouvelle bibliothèque Python, elle montre que l'assistance par IA réduit significativement l'acquisition de compétences lorsqu'elle se substitue au raisonnement. Utilisée comme outil d'explication et d'apprentissage, en revanche, elle contribue au développement des compétences.

À ce déficit de formation s’ajoute un déficit plus structurel. L’OCDE pointe qu’en France, plus d’un adulte sur quatre présente une faible maîtrise des compétences fondamentales en littératie, numératie ou résolution de problèmes, d’après l’enquête PIAAC 2023. Ces compétences constituent le socle sur lequel reposent les soft skills plus élaborées.

Ce que les données permettent de dire

Face à ce tableau contrasté, que peut-on dire avec un minimum de certitude ? Les études disponibles ne permettent pas de prédire si vos soft skills vous protègeront de l’automatisation. Ce qu’elles montrent avec plus de solidité, en revanche, c’est que certaines compétences résistent mieux à l’obsolescence que d’autres. La résolution de problèmes complexes, la pensée critique et la créativité figurent dans les trois éditions successives du rapport WEF depuis 2016, quelles que soient les crises ou les technologies du moment.

Le rapport WEF apporte une précision utile : la résilience, la flexibilité et l’agilité sont le socle de compétences qui différencie le plus les emplois en croissance des emplois en déclin, à la fois en termes d’importance et de niveau requis. Il ne s'agit donc pas simplement d'une soft skill à la mode, mais bien d'un marqueur structurel de l’évolution du marché du travail.

L’OCDE formule par ailleurs une comparaison utile : quand les calculatrices ont surpassé les humains en arithmétique, la capacité à raisonner avec des chiffres n’a pas perdu sa valeur. Le parallèle avec l’IA générative reste à confirmer, mais la logique mérite attention.

En 2025, 89 % des décideurs considéraient la formation professionnelle comme un levier stratégique, contre 64 % en 2023. Un signal qu’une partie des entreprises semble avoir compris l’enjeu. Pour les travailleurs des métiers les plus exposés, cependant, la question n'est pas tant de développer de nouvelles compétences que de traverser une transition dont le rythme ne dépend pas d'eux.

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