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Demander une augmentation : et si le bon moment, c'était maintenant ?

Par Stéphanie Davalo • Publié le

On remet souvent cette conversation à plus tard. "Maintenant", c'est pourtant pas mal.

Demander une augmentation : et si le bon moment, c'était maintenant ?
Juin est la dernière fenêtre avant les congés d'été, qui ont tendance à geler les décisions jusqu'à la rentrée © Wesley JvR/peopleimages.com

52 % des salariés français ne se sentent pas à l'aise avec la négociation salariale. Le premier frein identifié n'est pas la peur du refus : c'est de ne pas savoir combien demander, cité par 53 % des répondants dans le baromètre Robert Half 2026. Ce blocage est coûteux. Et plusieurs données récentes donnent aux salariés des arguments qu'ils n'avaient pas nécessairement anticipés.

Des accords signés dans un tout autre contexte

Le calendrier des négociations salariales explique beaucoup. Selon le Groupe Alpha, interviewé par Le Monde, 70 % des entreprises tiennent leurs négociations annuelles obligatoires (NAO) entre septembre et mars. Cette année, ces discussions ont eu lieu dans une conjoncture particulière : en janvier 2026, l'inflation ne dépassait pas 0,3 % sur un an selon l'INSEE, son niveau le plus bas depuis cinq ans. C'est sur cette base que la plupart des accords ont été conclus, actant une hausse de 1 % des minima de branches et de 1,6 % des salaires de base dans les entreprises, selon la Banque de France.

Depuis, la situation a évolué rapidement. En avril 2026, l'inflation atteignait 2,2 % sur un an (INSEE), et la Commission européenne table désormais sur 2,4 % pour l'ensemble de l'année. L'écart entre les revalorisations négociées cet hiver et la réalité des prix est mesurable. Pour les salariés dont la revalorisation est restée sous ce seuil, c'est un argument factuel, sourcé, directement utilisable dans une conversation avec un manager ou un service RH.

 

Les chiffres à garder en tête

  • 2,2 % : hausse de l'indice des prix à la consommation en avril 2026 sur un an (INSEE)
  • 2,4 % : prévision d'inflation pour la France en 2026 (Commission européenne)
  • 1,6 % : hausse moyenne des salaires de base dans les entreprises, négociée cet hiver (Banque de France)
  • 70 % des entreprises ont tenu leurs NAO avant la remontée des prix (Groupe Alpha)
  • 52 % des actifs ne se sentent pas à l'aise avec la négo salariale (Robert Half 2026)

 

Juin, une fenêtre à ne pas laisser passer

Le calendrier interne des entreprises ajoute une raison supplémentaire de ne pas reporter. Dans les grands groupes et les structures internationales, juin est souvent le mois des revues de milieu d'année, le moment où les managers font remonter les ajustements à la DRH avant que les enveloppes budgétaires soient arbitrées. Attendre septembre dans ces organisations, c'est souvent arriver après les décisions.

Pour les salariés dans une PME, une TPE ou dans la fonction publique, où les calendriers sont moins formalisés, la même logique s'applique différemment : c'est précisément l'absence de calendrier rigide qui rend la démarche possible à tout moment, et juin vaut autant que n'importe quelle autre période.

Une donnée supplémentaire peut faciliter l'ouverture de la conversation : au 1er juin 2026, le SMIC sera revalorisé de 2,41 %, pour atteindre 1 867,02 euros brut mensuel. Cette revalorisation va mécaniquement affecter les grilles salariales dans de nombreux secteurs. Selon le ministère du Travail, 126 des 179 branches professionnelles suivies seront concernées et devront engager des négociations dans les quarante-cinq jours. Si votre secteur en fait partie, le contexte rend la discussion encore plus naturelle à initier.

Certains accords signés cet hiver prévoient une clause de revoyure, permettant de rouvrir les discussions si la conjoncture évolue de façon significative. Ces clauses étaient présentes dans 5 % des accords en 2024 mais seulement 1,3 % en 2026 selon le Groupe Alpha. Si le vôtre en contient une, c'est une ouverture formelle pour reprendre les échanges dès à présent.

Préparer votre demande concrètement

Le principal obstacle reste le même que celui relevé par Robert Half : ne pas savoir quel montant demander. Deux de nos outils répondent à ce blocage.

Le Panorama des salaires hellowork permet de vérifier si votre rémunération se situe dans la fourchette de votre métier, de votre secteur et de votre région. C'est le point de départ le plus solide pour aborder la conversation : pas « je voudrais plus » mais « voici ce que le marché indique pour un profil comme le mien ». Cette différence de formulation change souvent le registre de l'échange.

Quant au simulateur brut/net hellowork, il permet ensuite de calculer ce qu'une augmentation représente réellement sur votre fiche de paie. Convertir un pourcentage en euros nets mensuels rend la demande tangible pour les deux parties, et évite les malentendus sur ce que « +3 % » signifie concrètement.

Ces préparations ne garantissent pas un accord. Elles transforment une demande personnelle en démarche documentée, ce qui suffit souvent à faire évoluer la nature de la discussion.

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