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2,4 millions de projets en 2025 : dans quelles régions a-t-on vraiment recruté ?

Par Laura Lamassourre Publié le

Vous cherchez du travail ? De la Corse à Mayotte, les disparités de recrutement sont massives. Analyse chiffrée des besoins en main-d'œuvre par région, métiers recherchés et cartes interactives.

2,4 millions de projets en 2025 : dans quelles régions a-t-on vraiment recruté ?
Spoiler : tous les territoires ne sont pas logés à la même enseigne. © Hellowork

L'année 2025 s'est achevée sur un bilan emploi contrasté. France Travail recensait 2,43 millions de projets de recrutement dans son enquête annuelle sur les besoins en main-d’œuvre. L'emploi salarié privé a reculé de 0,3 % sur un an selon l'Insee, et le taux de chômage est remonté à 7,7 %. Mais au-delà de ces tendances nationales, ce sont surtout les disparités territoriales qui frappent.

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Du simple au quadruple selon les régions

Pour comparer équitablement les régions, nous avons calculé le nombre de projets de recrutement pour 1 000 habitants à partir des données de l'Insee. Pourquoi ? Une petite région peut recruter moins en volume qu'une grande, mais proportionnellement beaucoup plus. Ce ratio révèle quelles régions sont vraiment dynamiques, quelle que soit leur taille. La Corse recrute proportionnellement plus que l'Île-de-France même si, en volume absolu, la capitale économique reste championne avec 441 000 projets contre 24 450 en Corse.

La Corse affiche 68,8 projets pour 1 000 habitants, soit près de quatre fois plus que Mayotte (18,1). Ces écarts ne surprennent pas : ils reflètent des modèles économiques radicalement différents et des choix de développement territorial contrastés.

Le podium des régions les plus dynamiques

Corse : 68,8 projets pour 1 000 habitants

Championne incontestée, l'île de Beauté doit ce ratio exceptionnel à une économie ultra-dépendante du tourisme : en 2025, 60,7 % des projets de recrutement concernaient des emplois saisonniers. Un taux qui s'explique par un modèle économique délibérément axé sur le tourisme, avec ses avantages (revenus concentrés sur la haute saison, attractivité du cadre de vie) et ses fragilités (précarité de l'emploi, dépendance aux aléas climatiques et économiques, vide économique hors saison).

Nouvelle-Aquitaine : 43,8 projets pour 1 000 habitants

Avec 269 420 projets recensés, la région bénéficie d'un double moteur : le littoral atlantique (tourisme balnéaire, ostréiculture, thalassothérapie) et les stations de ski pyrénéennes (Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées). Cette géographie lui confère un étalement saisonnier plus large que la Corse, avec des besoins estivaux sur la façade atlantique et hivernaux en montagne. Résultat : 42,9 % de saisonnalité, un niveau élevé mais plus équilibré qu'en Corse.

Pays de la Loire : 43 projets pour 1 000 habitants

La médaille de bronze revient à une région qui combine emploi industriel solide (agroalimentaire, construction navale, aéronautique), services dynamiques (logistique, commerce) et attractivité touristique littorale (Vendée, Loire-Atlantique). Avec 34,8 % de saisonnalité, les Pays de la Loire affichent un modèle plus équilibré que les régions méridionales, moins dépendant des variations saisonnières.

Les lanternes rouges

À l'autre extrémité, trois territoires restent en retrait, chacun pour des raisons bien différentes.

Mayotte : 18,1 projets pour 1 000 habitants

Le 101ᵉ département affiche le ratio le plus bas de France. Une bonne partie de l'économie échappe encore aux statistiques officielles, et la croissance démographique (+3,8 % par an) reste trop rapide pour que l'emploi formel suive le rythme.

Guyane : 25,5 projets pour 1 000 habitants

Le Centre spatial guyanais fait vivre une partie du territoire, mais ne suffit pas à compenser la faiblesse du tissu économique local. Résultat : une démographie dynamique (+1,5 % par an) que le marché de l'emploi peine à absorber.

Hauts-de-France : 26,4 projets pour 1 000 habitants

Seule région métropolitaine en queue de peloton. La désindustrialisation des années 1970-1980 a laissé des traces : ce qui reste de l'industrie (automobile, agroalimentaire) recrute massivement en intérim, ce qui fait mécaniquement baisser le compteur des projets de recrutement.

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Emploi saisonnier : quelles régions dépendent du tourisme ?

Les régions championnes du recrutement partagent une forte dépendance au travail saisonnier. L'analyse révèle un lien fort : plus une région recrute rapporté à sa population, plus elle dépend du tourisme. Ce constat redessine la carte du recrutement français en opposant deux modèles : l'emploi saisonnier massif mais précaire, et l'emploi structurel stable mais moins dynamique en apparence.

Les régions "dopées" par le tourisme :

  • Corse : 60,7 % d'emplois saisonniers
  • Nouvelle-Aquitaine : 42,9 %
  • Occitanie : 42,7 %

Ces territoires recrutent massivement durant la haute saison (mai à septembre pour le littoral, décembre à mars pour la montagne), mais les contrats sont courts et concentrés. L'été passé, l'activité s'effondre, posant la question de la viabilité économique hors saison.

Deux régions échappent à cette logique tourisme-saisonnalité, prouvant qu'un fort dynamisme de recrutement peut s'appuyer sur d'autres bases économiques.

L'Île-de-France : le poids lourd de l'emploi structurel

Avec 441 000 projets de recrutement, l'Île-de-France représente 18 % du volume national, soit près d'un projet sur cinq en France. Mais rapporté à ses 12,4 millions d'habitants, son ratio tombe à 35,5 projets pour 1 000 habitants, la reléguant à la 8ᵉ place du classement. La différence ? Seulement 12,2 % de saisonnalité, le taux le plus faible de métropole. La région recrute sur de l'emploi structurel, c'est-à-dire des postes permanents qui ne dépendent pas des saisons : services aux entreprises, finance, technologie, santé, administration, recherche. Ces secteurs embauchent toute l'année, en CDI majoritairement.

La Réunion : l'exception ultramarine

La Réunion se distingue à la 5ᵉ place nationale avec 39,5 projets pour 1 000 habitants, loin devant les autres DOM (Guadeloupe, Martinique, Guyane). L'île affiche un dynamisme qui ne doit rien au tourisme de masse : seulement 13,1 % de saisonnalité. Ce modèle s'explique par une croissance démographique soutenue (+0,5 % par an) qui alimente la demande, un tissu économique diversifié (BTP, commerce, services, santé) et des investissements publics massifs en infrastructures depuis les années 2000.

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Un marché de l'emploi qui ralentit

L'année 2025 marque un tournant. Les offres d'emploi publiées sur Hellowork ont reculé de 9,8 % par rapport à 2024, après une année record. Le CDI a particulièrement souffert (-11 %), les CDD ont reculé de 10 %, et l'intérim de 8 % ; un chiffre qui peut notamment s'expliquer par le ralentissement industriel européen. L'instabilité politique et les craintes économiques expliquent cette prudence généralisée des employeurs.

Les secteurs les plus touchés : marketing (-30 %), RH et formation (-33 %), industrie, communication, ingénierie. À l'inverse, la santé et les services à la personne résistent remarquablement bien (-0,9 % seulement), représentant 13 % et 12 % des offres publiées sur Hellowork. Ces secteurs, portés par des besoins démographiques structurels (vieillissement, dépendance), échappent aux cycles économiques.

L'alternance illustre ce climat de frilosité. Selon l'Insee, les contrats ont chuté de 4,6 % au troisième trimestre (-49 200 postes), pesant sur l'emploi des jeunes (15-29 ans), en recul de 0,7 %. À l'inverse, les seniors (55 ans ou plus) progressent de 2,1 % sur un an (+39 400 postes au T3), maintenus en emploi par les réformes successives des retraites. Résultat : les jeunes peinent à entrer sur le marché (moins d'alternance = moins de premier emploi), tandis que les seniors y restent plus longtemps. Un marché du travail à deux vitesses.

Les métiers qui ont vraiment recruté en 2025

Malgré le ralentissement général, certains métiers ont continué d'afficher des besoins importants, révélant trois dynamiques distinctes selon le type de contrat.

En CDI, la santé domine : infirmier, aide-ménager et aide-soignant trustent le podium. Ces trois métiers répondent à une demande démographique incontournable : vieillissement de la population, développement de la dépendance, politique du maintien à domicile. Ils recrutent quel que soit le territoire, de la Corse aux Hauts-de-France, car les besoins sont présents partout. Ces recrutements profitent particulièrement aux seniors, dont l'emploi dans le secteur privé progresse de 2,1 % sur un an (+39 400 postes au T3 2025), plutôt qu'aux jeunes touchés par le repli de l'alternance (-0,7 %). Les métiers de la comptabilité (collaborateur comptable, assistant comptable) complètent ce tableau, portés par des obligations légales et fiscales qui garantissent une demande constante.

En intérim, l'industrie et la logistique : cariste, opérateur de production et préparateur de commandes révèlent la géographie productive de la France. Ces profils opérationnels dominent dans le Grand Est et les Hauts-de-France (industrie automobile, métallurgie), les Pays de la Loire et la Bretagne (logistique, agroalimentaire). Si ces régions affichent des ratios de recrutement modérés dans notre classement, c'est parce qu'elles privilégient l'intérim au CDI, un mode d'emploi plus flexible pour absorber les variations d'activité. Le BTP (maçon, coffreur) complète ce tableau, avec une baisse contenue à -3,7 % sur les offres d'intérim en 2025, preuve que le secteur continue de tourner malgré les incertitudes.

En CDD, les services de proximité : professeur particulier, aide-ménager et assistant maternel traduisent la demande croissante de services éducatifs (soutien scolaire, cours particuliers) et d'aide à la personne. Ces métiers, souvent exercés en complément d'une autre activité, se caractérisent par des horaires flexibles et des contrats courts renouvelables, répondant à des besoins ponctuels des ménages.

à retenir

Vous cherchez un emploi ? Nos tips :
  • Si vous êtes mobile, privilégiez l'arc ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine) qui combine volume de recrutement et diversité sectorielle.
  • Si vous restez dans votre région, ciblez en priorité les métiers de la santé et des services à la personne, seuls secteurs qui recrutent massivement partout en France.

Vers une normalisation du marché

L'année 2025 marque un tournant après le boom post-Covid (2021-2024). Le marché de l'emploi entre dans une phase de normalisation, avec un taux de chômage remonté à 7,7 % et des tensions de recrutement en baisse continue dans tous les secteurs. Les employeurs, échaudés par l'instabilité politique et les incertitudes économiques, privilégient désormais la prudence : moins de CDI, plus de contrats courts, repli de l'alternance.

Cette tendance redessine la carte du recrutement. Les régions habituées à la flexibilité (Corse, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie) amortissent mieux le choc : elles recrutaient déjà massivement en CDD et saisonnier, leur modèle économique est conçu pour absorber les variations. À l'inverse, les territoires qui misaient sur l'emploi structurel (Île-de-France, Hauts-de-France, Grand Est) subissent de plein fouet la chute des CDI, sans alternative immédiate pour compenser.

Seule constante dans ce paysage mouvant : la santé et les services à la personne continuent de recruter massivement, portés par des besoins démographiques qui ne connaissent pas de cycles économiques. Infirmiers, aides-soignants, aides-ménagers : ces métiers resteront en tension structurelle en 2026, quel que soit le contexte politique ou économique. Les salaires ont ralenti (+1,9 % à +2,1 % selon les secteurs au T3 2025), signe que le rapport de force entre employeurs et candidats s'est inversé après les années de pénurie post-Covid.

Reste une question ouverte : ce rééquilibrage est-il durable, ou l'instabilité politique de 2025 n'était-elle qu'un accident de parcours ? Les intentions de recrutement pour 2026, qui seront mesurées dans les prochains mois, apporteront un début de réponse.

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