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Serrurier : quelle formation choisir pour se lancer ?

Par Istvan Drouyer • Publié le

Le secteur manque de professionnels qualifiés.

Serrurier : quelle formation choisir pour se lancer ?
La serrurerie ouvre de nombreuses portes, au sens propre comme au figuré, sans exiger de long cursus pour y accéder. ©Angelov - stock.adobe.com

Le secteur de la serrurerie peine à recruter, alors que les besoins en sécurité ne cessent d'augmenter. Un contexte qui joue en faveur des candidats qui vise ce métier. On passe en revue les diplômes et certifications disponibles, leurs financements, et le salaire à la clé une fois formé.

Pourquoi la serrurerie recrute autant en 2026 ?

La filière métallerie-serrurerie ne connaît pas la crise. Plusieurs facteurs expliquent cette tension sur le marché de l'emploi :

  • Une demande de sécurité qui ne faiblit pas : portes blindées, contrôle d'accès, alarmes connectées multiplient les interventions pour un serrurier-dépanneur, dans les logements comme dans les locaux commerciaux.
  • Un métier gagné par la domotique : digicodes connectés, volets roulants motorisés, serrures pilotables à distance imposent des compétences nouvelles à côté du savoir-faire mécanique traditionnel.
  • Un profil hybride devenu rare : les entreprises cherchent des candidats capables d'associer mécanique et électronique, ce qui réduit le vivier de candidats disponibles.
  • Un rapport de force favorable aux candidats : ce déséquilibre entre offre et demande de main-d'œuvre facilite l'accès à l'emploi, en entreprise comme à son compte.

Serrurier-dépanneur ou serrurier-métallier : deux métiers, deux formations

Avant de choisir une formation, encore faut-il savoir vers quelle activité on se dirige. Le terme "serrurier" recouvre en réalité deux professions distinctes, avec des missions et des parcours différents.

Le serrurier-dépanneur, l'urgence et le service aux particuliers

Le serrurier-dépanneur intervient chez les particuliers et les entreprises pour des besoins ponctuels : porte claquée, clé perdue ou cassée, serrure à changer après une effraction. Il conseille aussi ses clients sur les équipements de sécurité à installer, comme les portes blindées, les digicodes ou les rideaux métalliques. Cette profession demande une bonne dose de réactivité, puisqu'une partie des interventions se fait dans l'urgence, parfois en dehors des horaires classiques.

Le serrurier-métallier, l'artisan du travail du métal

Le serrurier-métallier, de son côté, travaille surtout en atelier ou sur des chantiers de construction. Il fabrique et pose des ouvrages métalliques : garde-corps, escaliers, portails, structures de charpente. À partir des plans d'un architecte ou de ses propres dessins, il découpe, plie et soude les pièces avant de les assembler sur site. Cette activité se rapproche davantage de la ferronnerie et de la métallerie que du dépannage, et demande un sens du détail technique poussé.

Quels diplômes préparer en formation initiale ? (CAP, BP, BTS)

Pour qui sort du collège ou du lycée, la voie classique reste la formation initiale, diplômante et progressive selon le niveau visé.

Plusieurs diplômes permettent d'accéder au métier :

  • le CAP Serrurier-Métallier, accessible dès la sortie de troisième et préparé en deux ans, à temps plein ou en alternance, pour acquérir les bases du métier (découpe, soudure, pose de serrures et de fermetures)
  • le BEP Réalisations d'ouvrages chaudronnés et de structures métalliques, une alternative au contenu proche selon les établissements
  • le Bac Pro Ouvrages du bâtiment : métallerie, préparé en trois ans après la troisième, qui approfondit les compétences techniques avec une dimension gestion de projet et réglementation du bâtiment
  • le Brevet Professionnel Métallier, accessible après un CAP et préparé en deux ans, pour former des ouvriers qualifiés capables de superviser un chantier de bout en bout
  • le BTS Constructions métalliques ou le BTS Enveloppe des bâtiments, accessibles après un Bac, pour accéder à des postes à responsabilités avec une orientation plus technique et encadrante

Se reconvertir en serrurier sans diplôme : la certification RNCP Serrurier dépanneur-installateur

Pas besoin d'un CAP ou d'un Bac Pro pour devenir serrurier-dépanneur. Il existe une voie plus rapide, pensée pour les adultes en reconversion : la certification RNCP Serrurier dépanneur-installateur (RNCP42210), de niveau IV, équivalent au Bac.

Cette certification se prépare en formation courte, généralement sur quelques semaines, auprès d'organismes habilités. Elle se divise en quatre blocs de compétences, accessibles indépendamment les uns des autres, ce qui permet d'adapter son parcours selon son profil et ses acquis :

  • réaliser une intervention d'ouverture d'une porte verrouillée ou claquée
  • réaliser une intervention de changement de cylindre, de bloc central et de serrure
  • réaliser une intervention d'installation de blindage de porte et de porte blindée
  • gérer son activité de serrurier dépanneur-installateur

Depuis le décret du 2 juillet 2015 relatif à la qualité d'artisan, cette certification est devenue une condition pour s'inscrire à la Chambre des Métiers en tant que serrurier-dépanneur. Elle conditionne donc l'exercice légal de l'activité, que ce soit en tant que salarié ou à son compte.

Je me forme au métier de serrurier

Comment financer sa formation de serrurier ?

Le coût ne devrait pas être un frein pour concrétiser votre projet professionnel : selon votre statut, la formation peut être intégralement ou partiellement prise en charge.

  • l'alternance : le contrat d'apprentissage permet de préparer un CAP ou un Bac Pro sans frais de scolarité, tout en touchant une rémunération. Cette voie s'adresse en priorité aux jeunes, mais reste accessible aux adultes en reconversion selon les régions et les branches professionnelles
  • le CPF : le compte personnel de formation permet de financer la certification RNCP Serrurier dépanneur-installateur. Un reste à charge de 150 euros s'applique depuis avril 2026, sauf pour les demandeurs d'emploi et les salariés dont l'employeur abonde la formation, qui en sont exonérés
  • l'AIF de France Travail : les demandeurs d'emploi peuvent solliciter l'aide individuelle à la formation, qui prend en charge tout ou partie du coût restant après mobilisation du CPF
  • le Projet de Transition Professionnelle : pour un salarié en poste qui souhaite se reconvertir sans quitter immédiatement son emploi, ce dispositif géré par les commissions Transitions Pro permet de financer une formation longue tout en conservant une rémunération

Quelles qualités pour réussir dans ce métier ?

Le diplôme en poche, ce sont surtout les qualités humaines qui font un bon serrurier. Sur le terrain, on travaille souvent au millimètre, que ce soit pour ajuster une serrure ou souder une pièce métallique sans faux pli, et ça demande de la constance dans la précision. La condition physique compte aussi : porter du matériel, travailler en hauteur, rester debout de longues heures sur un chantier, tout cela finit par peser si on n'y est pas préparé.

Chez un serrurier-dépanneur, les qualités relationnelles pèsent tout autant que la technique. Quelqu'un qui vient de se faire cambrioler ou qui a claqué sa porte à une heure tardive n'a pas besoin d'un discours technique, mais d'être rassuré et de comprendre simplement  le déroulé de l'intervention. Les urgences ne préviennent jamais à l'avance, alors mieux vaut accepter de travailler en dehors des horaires classiques.

La sécurité, enfin, reste un point commun aux deux métiers : les outils utilisés demandent de la rigueur et le respect strict des consignes. Un geste approximatif peut vite entraîner de fâcheuses conséquences, alors on apprend à ne jamais bâcler, même quand on est pressé.

Combien gagne un serrurier débutant ou expérimenté ?

En début de carrière, la rémunération d'un serrurier tourne autour du SMIC, que ce soit en tant que salarié dans une entreprise du bâtiment ou en sortie de formation. Le salaire varie ensuite selon le statut (salarié ou indépendant), la spécialité et la zone géographique d'exercice. Un serrurier-métallier perçoit en général une rémunération légèrement supérieure à celle d'un serrurier-dépanneur salarié, ce dernier pouvant toutefois dépasser cette moyenne s'il exerce à son compte, notamment en zone urbaine où la demande est plus forte.

Avec l'expérience, le salaire mensuel brut peut atteindre 2 800 à 3 000 euros, une progression qui dépend surtout de la spécialisation et du type de structure (artisanat, BTP, entreprise de dépannage).

Quelles évolutions de carrière envisager ?

Après quelques années de pratique, un serrurier-métallier peut viser un poste de chef d'équipe ou de chef de chantier, à condition de développer des compétences managériales. Le serrurier-dépanneur, de son côté, a souvent intérêt à s'installer à son compte après avoir acquis la certification et l'expérience nécessaires, ce qui reste l'une des évolutions les plus fréquentes du métier.

Dans les deux cas, une formation complémentaire ouvre aussi la voie vers la ferronnerie d'art ou le travail de l'aluminium, pour qui souhaite se spécialiser davantage.

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