Détail du poste
Établissement : Université de Perpignan Via Domitia École doctorale : Inter MED - Espaces, Temps, Cultures Laboratoire de recherche : Centre de REcherches sur les Sociétés et les Environnements en Mutation Direction de la thèse : Manuel BOUCHER ORCID 0009000896593432 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-06-07T23:59:59 Ce projet de recherche doctoral s'inscrit dans une sociologie critique de l'action publique, des mouvements sociaux et des processus de politisation. Il porte sur les transformations de « l'espace de la cause des chômeurs » depuis les années 1980 et sur les modalités contemporaines de conflictualisation, de mobilisation collective et de pouvoir d'agir des chômeurs face aux politiques de l'emploi et au service public de l'emploi.
La recherche part du constat que les politiques d'activation et les logiques du New Public Management ont profondément transformé les formes de traitement institutionnel du chômage et les modalités de participation des personnes concernées. Dans ce contexte, les dispositifs participatifs institutionnels semblent davantage orientés vers la gestion des publics que vers une réelle prise en compte des expériences et revendications des chômeurs.
L'objectif principal est d'analyser les rapports entre action publique et mobilisations des chômeurs, ainsi que les formes contemporaines de politisation de l'expérience sociale du chômage. Le projet vise également à comprendre comment les associations, syndicats et collectifs militants constituent des espaces potentiels de conscientisation, de conflictualisation et d'apprentissage politique.
La recherche mobilisera une méthodologie qualitative et immersive articulant ethnographie multi-située, observation participante, récits de vie, entretiens semi-directifs et analyse documentaire. Le terrain principal se situe à Perpignan, territoire marqué par une forte précarité sociale et un taux de chômage particulièrement élevé, mais l'enquête intégrera également d'autres espaces militants et associatifs en France.
Ce travail s'inscrit dans une perspective théorique articulant sociologie pragmatique de la critique, courant actionnaliste, sociologie de l'expérience et sociologie de l'action publique.
Depuis les années 1980, les politiques de l'emploi ont connu des transformations majeures liées au développement des politiques d'activation, à la rationalisation gestionnaire de l'action publique et à l'affirmation du New Public Management. Les réformes successives du service public de l'emploi ont renforcé les logiques d'accompagnement individualisé, d'employabilité et de contrôle des demandeurs d'emploi.
Dans ce contexte, les mobilisations collectives des chômeurs semblent s'être transformées, tandis que les dispositifs institutionnels de participation apparaissent souvent limités dans leur capacité à produire une réelle conflictualisation des rapports sociaux.
Les objectifs de cette recherche sont les suivants :
Analyser la transformation de l'espace de la cause des chômeurs sous l'effet des mutations des politiques de l'emploi et du New Public Management ;
Étudier les formes contemporaines de conflictualisation et de mobilisation collective des chômeurs ;
Comprendre les processus de politisation de l'expérience sociale du chômage ;
Identifier les modalités d'expression du pouvoir d'agir des chômeurs dans les espaces militants, syndicaux et associatifs ;
Étudier les effets réciproques entre action publique et mobilisations collectives ;
Produire une analyse sociologique des formes contemporaines de participation, de contrôle social et d'émancipation.
La recherche repose sur une démarche qualitative, compréhensive et principalement inductive.
Les méthodes mobilisées seront les suivantes :
ethnographie multi-située au sein de structures associatives, syndicales et collectifs militants ;
observation participante ;
tenue d'un journal de terrain ;
cartographie des acteurs et réseaux ;
récits de vie auprès de plusieurs générations d'acteurs engagés depuis les années 1980 ;
entretiens semi-directifs et non structurés ;
analyse documentaire des politiques de l'emploi, textes législatifs et archives militantes.
L'analyse croisera des approches macrosociologiques et microsociologiques afin d'articuler les transformations des politiques publiques et les expériences subjectives des acteurs.
Le profil recherché
d'une solide formation en sociologie ;
de compétences en méthodologie qualitative ;
d'un intérêt pour la sociologie de l'action publique, des mouvements sociaux et des politiques sociales ;
de capacités d'analyse, de rédaction scientifique et d'autonomie ;
d'une aptitude au travail de terrain ethnographique et aux enquêtes immersives.
Une expérience préalable dans la conduite d'entretiens, l'observation participante ou l'analyse qualitative constitue un atout.
Publiée le 13/05/2026 - Réf : 40d081cf3650747c3559d1fab655def1