Détail du poste
Établissement : Mines Paris-PSL École doctorale : SDOSE Sciences de la Décision, des Organisations, de la Société et de l'Echange Laboratoire de recherche : Centre de Gestion Scientifique Direction de la thèse : Pascal LE MASSON ORCID 0000000238352875 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-09-15T23:59:59 Cette thèse s'inscrit dans le cadre d'un programme de recherche qui vise à modéliser, expérimenter et diffuser des méthodes de co-design pour faire face aux inconnus des transitions contemporaines (environnementales, technologiques, sociales, etc.).
Le co-design désigne un régime d'action qui s'appuie sur des approches de conception collaboratives basées sur l'implication active de multiples parties prenantes (eg., des utilisateurs, des experts techniques, des chercheurs, des acteurs publics, etc.) tout au long du processus d'innovation, depuis la définition du problème jusqu'au développement de solutions (Sanders & Stappers, 2008 ; Steen et al., 2011). Ce régime d'action est particulièrement pertinent dans le contexte des transitions socio-environnementales, où les défis sont complexes, distribués à travers des frontières organisationnelles et institutionnelles, et marqués par de nombreux inconnus (Barbier, 2023 ; Barbier et al., 2026). Il permet d'intégrer des formes variées de connaissances, pour supporter l'exploration des inconnus des transitions, ainsi que renforcer la pertinence, la légitimité et l'adoption des solutions proposées (Trischler et al., 2019). Il constitue ainsi un levier essentiel à l'innovation coordonnée dans des environnements complexes et multi-acteurs.
Dans cette perspective, les travaux académiques soulignent de longue date que le co-design doit dépasser la seule conception de solutions pour inclure également la conception des relations entre acteurs, elles-mêmes (Dubois, 2015 ; Barbier, 2023). De fait, la résolution de défis systémiques nécessite non seulement des résultats innovants, mais aussi la construction de systèmes d'acteurs résilients et coordonnés, capables de soutenir l'action collective dans le temps. Récemment, les enjeux industriels et les progrès de la recherche ont conduit à explorer des formes de co-design permettant de faire face à davantage d'inconnus, aussi bien sur l'objet de la collaboration que sur les participants au travail collectif. Ainsi les travaux de Raphaëlle Barbier (2023) ont permis de caractériser des formes de co-design dites 'grande distance' permettant que des acteurs se connaissant mal, voire inconnus les uns aux autres, explorent pourtant conjointement des sujets eux-mêmes largement inconnus. Ce type de situation apparait notamment lorsqu'on se demande comment mobiliser des données très riches (comme les données d'observation de la terre par exemple) pour inventer des usages nouveaux pour des usagers largement inconnus. Ces situations de type 'grande distance' entre les participants potentiels au co-design, sont paradoxalement assez courantes, même si elles constituent une forme d'anomalie problématique pour les sciences de gestion. L'expérimentation des formes de co-design grande distance dans des contextes de plus en plus ambitieux conduit aujourd'hui à montrer que ce type de co-design ouvre des voies originales pour repenser l'action collective en situation de transition (Azoulay et al., 2024 ; Terfous et al., 2025).
(voir détails dans le fichier pdf joint) - La thèse se déroule à Mines Paris - PSL, au sein du Centre de Gestion Scientifique (CGS), laboratoire de référence en management de l'innovation, reconnu pour ses travaux sur la conception, les dynamiques d'innovation et les relations entre science et industrie. Le CGS offre un environnement scientifique d'excellence, caractérisé par une forte interdisciplinarité et des liens étroits avec des partenaires industriels et institutionnels.
- Cette thèse sera réalisé dans le contexte du projet européen E-GENESIS (projet Horizon Europe) dont le démarrage est prévu en novembre 2026 et dont la durée est de 48 mois.
- Dans le cadre de cette thèse, le/la candidat(e) sera impliqué(e) dans les activités du consortium dans un mode de recherche-intervention.
- Il/elle sera également en interaction étroite avec le laboratoire O.I.E. (Observation, Impact, Energie) de Mines Paris PSL, spécialisé dans le domaine de l'Observation de la Terre.
Le profil recherché
Une bonne connaissance des enjeux liés aux sciences de la donnée, aux technologies numérique et/ou à l'observation de la terre serait un vrai atout.
Une forte capacité à interagir avec divers types d'acteurs (scientifiques, institutionnels, politiques, industriels, entrepreneurs) seront des atouts pour ce projet.
Publiée le 28/04/2026 - Réf : 861ae020915c5ec140ad2ec7ecc52b7d