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Thèse Facteurs Psychosociaux Professionnels et Asthme dans la Cohorte Constances H/F

Doctorat.Gouv.Fr

  • Paris - 75
  • CDD
  • BEP, CAP
  • Bac
  • Service public d'état
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Détail du poste

Établissement : Université Paris-Saclay GS Santé publique
École doctorale : Santé Publique
Laboratoire de recherche : Centre de Recherche en épidémiologie et Santé des populations
Direction de la thèse : Rachel NADIF ORCID 0000000349389339
Début de la thèse : 2026-10-01
Date limite de candidature : 2026-05-08T23:59:59

L'asthme est la maladie respiratoire chronique la plus prévalente dans le monde, affectant environ 262 millions d'individus en 2019. En France chez l'adulte, dans la cohorte CONSTANCES, la prévalence de l'asthme actuel était de 9,5 %. Maladie complexe et multifactorielle, l'asthme se caractérise par une hétérogénéité clinique et inflammatoire reflétant la multiplicité de ses déterminants. Parmi les déterminants professionnels, les expositions chimiques inhalées occupent une place centrale : environ 15 % des cas d'asthme adulte leur sont attribuables, et 20 % des asthmatiques rapportent une aggravation de leurs symptômes en lien avec leur activité professionnelle. L'influence de l'environnement psychosocial professionnel sur l'asthme constitue un domaine d'étude plus récent, aux données encore parcellaires.

Le modèle Effort-Récompense-Surinvestissement (ERI) de Siegrist constitue un cadre théorique permettant d'appréhender ce lien. Un déséquilibre chronique entre les efforts consentis au travail et les récompenses perçues génère un stress neuroendocrinien soutenu, impliquant notamment une dérégulation cortisolique avec résistance aux glucocorticoïdes bronchiques et une modulation de la balance immunitaire Th2/Th17. Par ailleurs, des conditions de travail psychosociales défavorables sont associées à une altération de la capacité des travailleurs asthmatiques à gérer leur maladie au poste de travail. Les données épidémiologiques disponibles montrent des associations entre stress professionnel et asthme, tant sur la prévalence que sur l'incidence, mais restent limitées par la prédominance d'études transversales, des résultats hétérogènes selon les populations, et l'absence de données longitudinales avec mesure répétée du stress. Des questions restent à élucider : le rôle de la chronicité de l'exposition, les voies immunitaires impliquées, ou encore l'effet potentiellement synergique du stress psychosocial avec les expositions chimiques.

Ce projet vise à caractériser les associations entre les facteurs psychosociaux au travail et l'asthme dans CONSTANCES avec trois objectifs : étude transversale à l'inclusion des associations entre les facteurs psychosociaux au travail et l'asthme (asthme actuel, phénotypes inflammatoires, asthme allergique, score de symptômes) ; étude longitudinale des associations entre les facteurs psychosociaux au travail et l'asthme (incidence, asthme actuel, score de symptômes) ; étude de l'interaction entre les facteurs psychosociaux au travail et les expositions chimiques professionnelles sur l'asthme.

Les analyses reposent sur les données de CONSTANCES (plus de 200 000 adultes recrutés en 2012-2021, suivi annuel, réinvitation tous les 4-5 ans). L'exposition psychosociale est mesurée par le questionnaire ERI (disponible à l'inclusion et en 2023, permettant d'évaluer l'évolution de l'exposition au cours du temps). Les données respiratoires incluent un questionnaire standardisé à l'inclusion et en 2024, un suivi annuel de l'asthme, et le score de contrôle de l'asthme (ACT) en 2024. La numération formule sanguine à l'inclusion permettra de construire les phénotypes inflammatoires. Les expositions chimiques professionnelles seront évaluées par questionnaire et par matrice emploi-exposition. Des données sur les symptômes dépressifs (CES-D), la catégorie socioprofessionnelle et les facteurs socioéconomiques seront considérées dans les analyses.

Les résultats attendus ont des implications à plusieurs niveaux : pour la recherche, en apportant des arguments sur les mécanismes liant stress professionnel et asthme ; pour la clinique, en invitant les praticiens à prendre en compte le contexte professionnel au-delà des seules expositions chimiques dans la prise en charge des patients asthmatiques ; pour la prévention enfin, en contribuant à une approche plus globale du risque respiratoire qui intègre la dimension psychosociale du travail comme composante à part entière de l'exposome professionnel.

L'asthme est la maladie respiratoire chronique la plus prévalente dans le monde, affectant environ 262 millions d'individus en 2019 et responsable de plus de 455 000 décès annuels [1]. En France, dans la cohorte CONSTANCES, la prévalence de l'asthme vie était de 13,5 % et celle de l'asthme actuel 9,5 % [2]. Maladie complexe et multifactorielle, l'asthme adulte se caractérise par une hétérogénéité clinique et inflammatoire [3, 4]. Cette hétérogénéité reflète la multiplicité des déterminants de la maladie, qui intègrent des facteurs génétiques, environnementaux, infectieux et comportementaux interagissant tout au long de la vie.

Parmi les déterminants environnementaux, les expositions professionnelles occupent une place importante. L'asthme est la maladie respiratoire professionnelle la plus fréquemment rapportée : environ 15 % des cas adultes sont causés par des expositions professionnelles [5], et 20 % des adultes asthmatiques rapportent une aggravation de leurs symptômes en lien avec leur activité professionnelle [6, 7]. Si le rôle des agents chimiques inhalés, qu'ils soient irritants et/ou sensibilisants (poussières organiques, protéines végétales, solvants, produits de nettoyage...) est bien établi comme déterminant de l'asthme professionnel et de l'asthme aggravé par le travail [6, 7], l'influence de l'environnement psychosocial au travail sur la survenue et l'évolution de l'asthme constitue un domaine de recherche plus récent, aux données encore fragmentées.

Le modèle du déséquilibre Effort-Récompense (ERI) de Siegrist [8] offre un cadre théorique qui permet l'étude des effets des facteurs psychosociaux au travail. Il postule qu'un déséquilibre chronique perçu entre les efforts consentis au travail (contraintes de temps, responsabilités, horaires, efforts physiques) et les récompenses perçues (salaire, estime, sécurité de l'emploi, perspectives de promotion) entraîne un mal-être psychologique pour le travailleur et génère un stress neuroendocrinien soutenu. Les mécanismes biologiques liant ce stress à l'asthme sont multiples [9] : l'activation prolongée de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien induit une dérégulation cortisolique susceptible de conduire à une résistance aux glucocorticoïdes au niveau bronchique ; le stress chronique module la balance cytokinique vers une polarisation Th2 pro-éosinophilique, ou à l'inverse vers une activation Th17 pro-neutrophilique selon le profil d'exposition ; une hyperréactivité vagale favorise la bronchoconstriction réflexe. À ces voies neuroendocriniennes s'ajoute une composante comportementale : les travailleurs soumis à un stress psychosocial élevé présentent une moindre capacité à gérer leur asthme au poste de travail et une adhérence sous-optimale au traitement de fond [10].

Les données épidémiologiques disponibles convergent vers une association positive entre facteurs psychosociaux au travail et asthme. Les études transversales, utilisant diverses mesures du stress professionnel dans des populations de plusieurs milliers de travailleurs en Europe, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, rapportent des odds ratios d'asthme actuel de l'ordre de 1,5 à 2,0 pour des niveaux élevés de stress perçu [11, 12, 13]. Le stress au travail est également associé à un moins bon contrôle de l'asthme et à un pronostic professionnel péjoratif chez les travailleurs asthmatiques [14, 15]. Quelques études longitudinales fournissent des arguments de temporalité : des études prospectives européennes rapportent des excès de risque d'asthme incident de 24 à 40 % par écart-type d'exposition au stress professionnel ou à l'insécurité d'emploi sur des suivis allant jusqu'à 8,5 ans [16, 17, 18]. L'ERI est par ailleurs associé dans CONSTANCES à une altération de la fonction ventilatoire, et prédit prospectivement la dépression incidente [19]. Ces résultats sont toutefois nuancés par d'autres études, comme l'analyse de données individuelles poolées d'IPD-Work (n > 100 000 travailleurs européens) qui n'a mis en évidence aucun effet du stress au travail sur les exacerbations sévères d'asthme [20].

En synthèse, si la littérature disponible soutient l'existence d'associations entre les facteurs psychosociaux au travail et l'asthme, tant sur la prévalence, le contrôle que l'incidence, plusieurs lacunes majeures subsistent :
-L'ensemble des études disponibles mesure le stress professionnel à un seul temps, rendant impossible l'étude de l'effet de la chronicité de l'exposition, pourtant centrale dans les modèles biologiques du stress chronique.
-Les phénotypes inflammatoires de l'asthme n'ont jamais été examinés dans ce contexte, alors que le stress chronique, selon son intensité et sa durée, est susceptible d'orienter la réponse immune vers un phénotype éosinophilique ou neutrophilique via les voies Th2 et Th17 respectivement.
-Aucune étude n'a testé l'interaction entre le stress psychosocial et les expositions chimiques professionnelles sur le risque d'asthme, alors que le stress pourrait amplifier la réponse aux irritants et sensibilisants inhalés.
-Enfin, la discordance entre les associations observées sur l'asthme prévalent ou incident et l'absence d'effet sur les formes sévères demeure inexpliquée, et les données en population générale française font défaut.
Ces lacunes limitent la portée des inférences causales disponibles et constituent autant de questions ouvertes pour la recherche en épidémiologie respiratoire professionnelle.

Objectif général :
Caractériser les associations entre les facteurs psychosociaux au travail et l'asthme au sein de la cohorte CONSTANCES.

Objectifs spécifiques :
1) Étudier à l'inclusion les associations entre les facteurs psychosociaux au travail et l'asthme (asthme actuel, phénotypes inflammatoires, asthme allergique, score de symptômes).
2) Étudier de façon longitudinale les associations entre les facteurs psychosociaux au travail et l'asthme (incidence, asthme actuel, score de symptômes).
3) Étudier l'interaction entre les facteurs psychosociaux au travail et les expositions chimiques professionnelles sur l'asthme.

Le profil recherché

Le/la doctorant(e) devra avoir une bonne connaissance en épidémiologie (cursus), et en santé respiratoire (expériences précédentes/formation).
Le/la doctorant(e) devra savoir coder en R ou en SAS.

Publiée le 11/04/2026 - Réf : f7eff37f50cb1fd5b72f918379f61e13

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