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Panorama des conventions Professions réglementées auprès des juridictions
Convention collective Professions réglementées auprès des juridictions

Mis à jour le 16 février 2026

Convention collective Professions réglementées auprès des juridictions - IDCC 3244

Cette page présente un résumé des dispositions générales de la convention collective Professions réglementées auprès des juridictions (PRAJ). Le contenu est conçu à partir des conventions collectives des Éditions Tissot.

Qu'est ce que la convention collective Professions réglementées auprès des juridictions ?

Vous travaillez comme avocat, huissier de justice, notaire ou greffier ? Alors cette réglementation professionnelle vous concerne directement. Elle encadre les conditions de travail des salariés qui exercent au sein de ces professions juridiques et judiciaires. Pensez-y comme un guide qui définit vos droits et obligations : rémunération, congés, formation, classification des emplois.


Négociée entre organisations patronales et syndicales, elle vient compléter le Code du travail avec des règles adaptées aux spécificités de ces métiers. Chaque cabinet, étude ou office doit l’appliquer pour garantir un cadre harmonisé à l’ensemble des collaborateurs du secteur.

Entreprises tenues d'appliquer la CCN Professions réglementées auprès des juridictions

Catégorie d’activitéCode APE (ou NAF)Description de l’activité
Activités juridiques69.10ZActivités juridiques – Greffiers des tribunaux de commerce titulaires d’un office
Activités juridiques69.10ZActivités juridiques – Avocats au Conseil d’État et à la Cour de cassation
Activités juridiques69.10ZActivités juridiques – Administrateurs et mandataires judiciaires
Organisations professionnelles94.12ZActivités des organisations professionnelles – Ordres des professions réglementées

bon à savoir

Cette convention unifie depuis 2022 trois anciennes conventions distinctes, simplifiant ainsi considérablement le paysage conventionnel pour ces métiers hautement spécialisés du monde judiciaire.

Contrat de travail

Période d’essai

La période d’essai permet à l’employeur comme au salarié de s’assurer que le poste correspond bien aux attentes de chacun. Dans la convention collective des professions réglementées auprès des juridictions, sa durée varie selon votre catégorie professionnelle. Les employés bénéficient d’une période initiale de 2 mois, les techniciens de 3 mois, tandis que les cadres disposent de 4 mois pour faire leurs preuves. Chacune de ces périodes peut être renouvelée une fois, sans toutefois dépasser un plafond déterminé.
 

CatégoriePériode d’essai initialeDurée maximale (renouvellement inclus)
Employés2 mois4 mois
Techniciens3 mois6 mois
Cadres4 mois8 mois

bon à savoir

Le renouvellement de la période d’essai n’est pas automatique. Il doit obligatoirement être prévu dans votre contrat de travail ou la lettre d’engagement, et faire l’objet d’un accord exprès entre vous et votre employeur.

Régimes applicables

La convention collective des professions réglementées auprès des juridictions organise les relations de travail dans un secteur bien spécifique. Elle s’applique aux salariés des administrateurs et mandataires judiciaires, des avocats au Conseil d’État et à la Cour de Cassation, ainsi qu’aux collaborateurs des greffiers des tribunaux de commerce titulaires d’un office. Les ordres professionnels de ces professions réglementées sont également concernés pour leur personnel. Cette convention, identifiée par le numéro IDCC 3244, a remplacé trois anciennes conventions distinctes afin d’harmoniser les pratiques au sein de la branche. Elle distingue plusieurs catégories professionnelles :

  • Les employés, qui exécutent des tâches simples selon des consignes précises
  • Les employés qualifiés et assistants, qui disposent d’une autonomie accrue
  • Les techniciens et assistants qualifiés, chargés de missions complexes
  • Les cadres, qui exercent des responsabilités managériales ou techniques avancées
  • La catégorie hors classe, réservée aux professionnels réglementés exerçant comme salariés

Chaque niveau correspond à des coefficients de rémunération et des responsabilités spécifiques, garantissant une progression de carrière structurée.

Temps de travail

Durée du travail

La durée légale de travail au sein de la branche des professions réglementées auprès des juridictions est fixée à 35 heures par semaine. Cette base hebdomadaire correspond au temps pendant lequel vous restez à la disposition de votre employeur, en suivant ses directives, sans pouvoir vous consacrer à vos occupations personnelles. Les modalités d’organisation varient ensuite selon votre fonction et votre niveau d’autonomie.

  • Durée hebdomadaire conventionnelle : 35 heures
  • Décompte basé sur le temps de travail effectif
  • Application différenciée selon les catégories professionnelles

Aménagements du temps de travail

Votre convention collective prévoit des aménagements pour adapter le rythme de travail aux contraintes de votre activité. Si vous effectuez régulièrement plus de 35 heures hebdomadaires, dans la limite de 39 heures, vous accumulez des droits à repos compensateurs sous forme de RTT. Ces jours de récupération se calculent en fonction du nombre d’heures travaillées au-delà de la durée légale. Votre employeur doit vous informer de toute modification de planning avec un délai de prévenance de 5 jours ouvrés, ramené à 3 jours en cas de circonstances exceptionnelles nécessaires à la continuité de l’étude ou de l’office.

Heures supplémentaires

Lorsque vous travaillez au-delà de la durée légale, vos heures supplémentaires peuvent être compensées de deux manières, au choix de votre employeur. Elles donnent lieu soit à un repos compensateur majoré, soit à une majoration salariale conforme aux dispositions légales en vigueur. Le contingent annuel d’heures supplémentaires est plafonné à 180 heures par an.

  • Compensation en repos majoré ou rémunération majorée
  • Contingent annuel : 180 heures maximum
  • Application des majorations légales en cas de paiement

Régimes spécifiques

Si vous exercez des fonctions d’avocat au conseil salarié, de greffier de tribunal de commerce salarié, de mandataire judiciaire salarié ou d’administrateur judiciaire salarié, vous pouvez bénéficier d’un forfait annuel en jours. Ce dispositif s’adresse aux collaborateurs disposant d’une réelle autonomie dans l’organisation de leur travail, rendant impossible la fixation d’horaires préétablis. La période de référence s’étend du 1er janvier au 31 décembre, avec un plafond fixé à 218 jours travaillés par an. Ce régime vous offre une souplesse dans la gestion de vos missions tout en garantissant un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

bon à savoir

Le forfait jours ne signifie pas que vous travaillez sans limite. Votre employeur doit veiller au respect de vos temps de repos et organiser des entretiens réguliers pour suivre votre charge de travail et prévenir les risques de suractivité.

Rémunération et avantages

Salaire

La convention collective des professions réglementées auprès des juridictions définit une grille salariale structurée autour de coefficients hiérarchiques, allant de 103 à 246. Chaque coefficient correspond à un niveau de qualification et d’expérience spécifique, permettant ainsi une progression cohérente tout au long de votre parcours professionnel. Les salaires minima s’échelonnent de 1 680,45 € brut mensuel pour un employé débutant (coefficient 103) jusqu’à 4 013,49 € pour les professionnels hors classe tels que les greffiers, avocats aux Conseils ou mandataires judiciaires salariés (coefficient 246).
 

CoefficientSalaire minimum
(au 01/11/2023)
1031 680,45  €
1081 762,02 €
1121 827,28 €
1181 925,17 €
1242 023,06 €
1302 120,95 €
1362 218,84 €
1422 316,73 €
1482 414,62 €
1542 512,51 €
1602 610,40 €
1662 708,29 €
1722 806,18 €
1782 904,07 €
1843 001,96 €
2103 426,15 €
2133 475,09 €
2163 524,04 €
2193 572,98 €
2464 013,49 €

bon à savoir

Les greffiers détenteurs de l’examen de fin de cycle ENAF bénéficient d’une prime complémentaire mensuelle équivalente à 5 fois la valeur du point, soit environ 81,58 € brut supplémentaires chaque mois.

Primes et indemnités

Au-delà du salaire de base, plusieurs compléments de rémunération viennent enrichir votre package global. La prime d’ancienneté s’intègre directement dans votre rémunération mensuelle brute, tandis que le 13ème mois, versé aux collaborateurs justifiant d’au moins un an de présence, représente 100 % du salaire de base hors primes. Les heures supplémentaires peuvent être compensées soit en repos majoré, soit par une majoration pécuniaire conforme aux dispositions légales, dans la limite d’un contingent annuel fixé à 180 heures.
 

Type de primeConditionsMontant
Prime complémentaire d’examenGreffiers détenteurs examen ENAF5 fois la valeur du point (16,315 €)
13ème mois1 an d’ancienneté minimum100 % du salaire de base
Prime d’anciennetéVariable selon durée de présenceIntégrée au salaire mensuel

Évolutions

Votre rémunération évolue selon deux axes principaux : l’ancienneté et le développement de vos compétences. Le système de classification prévoit cinq échelons au sein de chaque niveau, permettant une progression régulière liée à votre expérience professionnelle. Ainsi, un employé peut voir son coefficient passer de 103 à 124 après 20 ans d’ancienneté, tandis qu’un assistant qualifié progresse du coefficient 130 au 184 sur la même période. Les passages d’un niveau à l’autre restent possibles grâce à l’acquisition de diplômes (niveau 4 ou 5 de l’Éducation nationale) ou à une expérience significative dans les fonctions exercées. Cette double logique valorise autant la fidélité que le développement professionnel continu.

Congés et absences

Congés payés

Les salariés de la branche bénéficient des droits à congés payés définis par le code du travail, soit 5 semaines par année complète de travail. La période de référence pour l’acquisition de ces droits s’étend sur l’année civile. Les modalités de prise des congés sont fixées en accord avec l’employeur, qui doit respecter un délai de prévenance suffisant pour permettre aux collaborateurs d’organiser leurs absences dans les meilleures conditions.

Congés spécifiques

La convention prévoit des jours d’absence rémunérés pour accompagner les événements marquants de la vie personnelle et familiale. Ces congés exceptionnels permettent aux salariés de faire face aux moments importants sans perte de rémunération.
 

ÉvénementPersonne concernéeNombre de jours
Mariage ou PACSSalarié6 jours
Naissance ou adoptionEnfant3 jours
MariageEnfant2 jours
DécèsConjoint, partenaire de PACS, concubin4 jours
DécèsPère ou mère3 jours
DécèsBeau-père, belle-mère3 jours
DécèsFrère ou sœur3 jours
DécèsAscendant ou descendant (hors parents directs et enfants)1 jour
Annonce de la survenue d’un handicapEnfant4 jours
Annonce de la survenue d’un handicapConjoint, partenaire de PACS ou concubin2 jours

RTT

Les collaborateurs peuvent bénéficier de jours de repos compensateurs lorsqu’ils accomplissent des heures au-delà de la durée hebdomadaire de référence fixée à 35 heures. Le nombre de jours de RTT accordés dépend directement du volume d’heures effectuées en dépassement, dans la limite de 39 heures par semaine. Ce dispositif permet d’équilibrer charge de travail et temps de repos tout au long de l’année.

Conditions de travail et sécurité

Votre employeur a l’obligation de garantir votre sécurité et de préserver votre santé au quotidien. Cette responsabilité s’inscrit dans une démarche globale de prévention des risques professionnels, qui concerne aussi bien l’aménagement des locaux que la mise à disposition du matériel adapté à vos missions.


Les règles d’hygiène et de sécurité reposent sur un engagement partagé. Si l’employeur doit veiller à la conformité des installations et à la qualité de l’environnement de travail, vous êtes également invité à respecter les consignes établies et à signaler toute situation potentiellement dangereuse. Cette coopération permet de limiter les accidents et d’améliorer le confort au sein des études, offices ou structures concernées.


Lorsque votre activité nécessite des équipements spécifiques, ceux-ci doivent être fournis par votre employeur. Il peut s’agir de protections individuelles, de matériel informatique adapté ou encore d’aménagements ergonomiques destinés à faciliter l’exercice de vos fonctions. Ces dispositifs contribuent à prévenir les troubles liés à une mauvaise posture ou à une exposition prolongée à certains risques.


En cas de besoin particulier, notamment pour des raisons de santé ou d’accessibilité, des aménagements peuvent être envisagés. L’objectif est de permettre à chacun d’évoluer dans un cadre sécurisé, propice à l’efficacité et au bien-être professionnel.

Maladie et prévoyance

Lorsque vous êtes contraint de vous arrêter pour raison de santé, la convention prévoit des garanties qui varient selon votre catégorie professionnelle. Ces dispositifs visent à préserver votre rémunération durant cette période délicate.


Pour les greffiers des tribunaux de commerce, le maintien de salaire débute après cinq années de présence dans le greffe. Vous percevrez alors la moitié de vos appointements pendant trois mois, puis un quart durant les trois mois suivants. Si votre ancienneté se situe entre un et cinq ans, vous recevrez 50 % de votre rémunération pendant deux mois uniquement.


Les administrateurs et mandataires judiciaires bénéficient d’un système progressif dès la première année d’ancienneté. Le maintien s’établit à 100 % pendant trente jours, puis à 80 % pour une durée variable selon votre ancienneté. Ainsi, avec un an d’exercice, vous totalisez soixante jours d’indemnisation, tandis qu’au-delà de trente et un ans, cette période atteint cent quatre-vingts jours.
 

AnciennetéPériode à 100%Période à 80%Total
1 à 5 ans30 jours30 jours60 jours
6 à 10 ans30 jours50 jours80 jours
11 à 15 ans30 jours70 jours100 jours
Plus de 31 ans30 jours150 jours180 jours

Concernant le personnel des avocats au Conseil d’État et à la Cour de cassation, dès un an d’ancienneté, vous bénéficiez de 90 % de votre salaire pendant trente jours, puis de 80 % durant les soixante jours suivants.


En matière de prévoyance, les anciennes conventions continuent de s’appliquer selon leur champ respectif. Pour les administrateurs et mandataires, les cotisations se répartissent à hauteur de 60 % pour l’employeur et 40 % pour le salarié. Les organismes recommandés sont l’OCIRP pour les rentes éducation et de conjoint, et NOVALIS pour les autres prestations. Les collaborateurs des avocats aux Conseils, qu’ils soient cadres ou non, cotisent selon un pourcentage du salaire annuel brut, avec l’OCIRP et l’APGIS comme organismes désignés.

bon à savoir

Ces dispositifs s’appliquent sous réserve du respect des obligations déclaratives et des délais de transmission des arrêts de travail à votre employeur.

Fin de contrat

Rupture du contrat

Plusieurs situations peuvent conduire à la cessation de votre collaboration professionnelle. Le licenciement, initié par l’employeur, intervient pour motif personnel ou économique, sauf en cas de faute lourde où certaines compensations disparaissent. La rupture conventionnelle, négociée d’un commun accord, offre une alternative plus apaisée. Vous pouvez également choisir de démissionner ou partir à la retraite selon les conditions prévues. Chacune de ces modalités entraîne des conséquences spécifiques en termes de préavis et d’indemnisation.

Préavis de licenciement

La durée pendant laquelle vous continuez à travailler après notification varie selon votre statut et votre ancienneté. Pour les non-cadres, cette période s’échelonne progressivement, tandis que les cadres bénéficient d’un délai uniforme. Pendant cette transition, vous disposez de deux heures quotidiennes rémunérées pour chercher un nouvel emploi.
 

CatégorieAnciennetéDurée du préavis
Non-cadresMoins de 2 ans1 mois
Non-cadres2 ans et plus2 mois
Non-cadres10 ans et plus3 mois
CadresQuelle que soit l’ancienneté3 mois

Indemnités de licenciement

Sauf faute lourde de votre part, vous percevez une compensation financière calculée sur votre ancienneté. Le montant évolue selon un barème progressif qui récompense la fidélité à l’entreprise. Cette somme vient adoucir la transition vers un nouveau projet professionnel.

  • Moins de 10 ans d’ancienneté : ¼ de mois de salaire par année
  • 10 ans d’ancienneté et plus : 1/3 de mois de salaire par année

bon à savoir

Ces montants constituent un minimum garanti, votre employeur pouvant décider de vous verser davantage selon les circonstances.

Retraite

Deux configurations se présentent selon que vous prenez l’initiative ou que l’employeur vous met à la retraite. En cas de départ volontaire, l’indemnité démarre à un demi-mois pour dix années de présence, puis progresse différemment selon les tranches d’ancienneté. Si c’est l’employeur qui décide, les règles d’indemnisation du licenciement s’appliquent intégralement.
 

Type de départAnciennetéMontant
Départ volontaire10 ans½ mois
Entre 10 et 20 ans1/10 mois par année supplémentaire
Au-delà de 20 ans1/15 mois par année (maximum 3,5 mois)
Mise à la retraiteVariableSelon barème du licenciement

Démission

Lorsque vous souhaitez quitter volontairement votre poste, vous devez respecter un délai permettant à l’employeur d’organiser votre remplacement. Cette période varie selon votre catégorie professionnelle et votre temps de présence. Contrairement au licenciement, aucune indemnité n’est versée, sauf accord particulier.
 

StatutAnciennetéPréavis
Non-cadreMoins de 2 ans1 mois
Non-cadre2 ans et plus2 mois
Non-cadre10 ans et plus3 mois
CadreToute ancienneté3 mois

Avantages sociaux

AvantageDescription
Compte épargne tempsVous pouvez capitaliser vos heures supplémentaires et jours de repos non pris pour les utiliser ultérieurement. Ce dispositif vous offre une flexibilité appréciable pour gérer votre temps selon vos besoins personnels ou professionnels.
Prime complémentaire d’examenSi vous êtes détenteur de l’examen de fin de cycle ENAF et exercez au sein d’un greffe, une prime mensuelle brute équivalente à 5 fois la valeur du point vous est versée. Un complément de rémunération qui valorise votre qualification spécifique.
Prime de 13ème moisAprès une année d’ancienneté, vous bénéficiez d’un treizième mois correspondant à 100% de votre salaire de base. Cette gratification annuelle représente un soutien financier non négligeable dans votre budget.
Prime d’anciennetéVotre fidélité à l’entreprise est reconnue par une majoration intégrée directement dans votre rémunération mensuelle brute de base. Une manière concrète de valoriser votre engagement dans la durée.

Questions fréquentes sur la convention collective Professions réglementées auprès des juridictions

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