Détail du poste
Les travaux s'articuleront autour de trois axes principaux : (i) la reconstitution de l'origine, de la diffusion et des remplacements de populations canines du Moyen-Orient à l'Europe occidentale ; (ii) l'analyse de la diversité génétique et des processus d'admixture de la Préhistoire à la Renaissance ; et (iii) l'étude des rythmes et modalités de sélection de variants génétiques associés aux adaptations morpho-fonctionnelles liées aux transitions culturelles.
Bienvenue chez Doctorat.Gouv.Fr
Cette thèse vise à caractériser la diversité génomique des chiens européens afin d'en préciser l'origine, les dynamiques de diffusion et les processus de renouvellement ou d'admixture avec des populations locales ou exogènes. L'objectif est de comprendre comment les transitions culturelles humaines ont contribué à façonner les populations canines en Europe, tant sur les plans génétiques que morpho-fonctionnels, et d'identifier les signatures de sélection associées à l'émergence de nouveaux traits métaboliques, physiologiques et comportementaux.
Nous faisons l'hypothèse que, dès la néolithisation, des remplacements partiels de populations canines et des événements d'admixture ont eu lieu entre chiens locaux européens et populations introduites, notamment depuis le Proche-Orient et d'autres régions d'Eurasie. Les trajectoires phylogéographiques distinctes de ces populations devraient se traduire par des différences morphologiques et physiologiques corrélées aux contextes chrono-culturels et aux stratégies de subsistance humaines. Par ailleurs, plusieurs loci génétiques auraient été soumis à une sélection directionnelle, en particulier ceux impliqués dans la digestion, la morphologie mandibulaire et post-crânienne ainsi que la variation de taille, notamment en réponse à l'adoption d'un mode de vie agropastoral. Ces dynamiques de population se seraient poursuivies au cours du temps, au gré des transitions culturelles successives, contribuant à structurer la diversité canine européenne.
Le projet repose sur un large corpus d'échantillons provenant d'Europe occidentale, d'Europe du Sud-Est et du Moyen-Orient, régions clés pour l'étude de la néolithisation, et inclut également des loups anciens afin de caractériser la diversité des canidés sauvages locaux. Pour les périodes comprises entre l'âge du Fer et la Renaissance, les analyses seront centrées sur le territoire français. La thèse exploitera un ensemble exceptionnel de données génomiques déjà disponibles, comprenant des centaines de génomes mitochondriaux et nucléaires anciens et modernes, issus de projets en cours et de données publiées.
Publiée le 02/06/2026 - Réf : 833dd996f9e044a04ea6a946b7498119