Détail du poste
La MTEV est la troisième cause de mortalité cardiovasculaire mondiale, mais ses facteurs de récidive restent peu compris, faute de biomarqueurs fiables pour les formes idiopathiques. Au-delà de la mortalité aiguë, ses séquelles chroniques - syndrome post-thrombotique, hypertension pulmonaire - altèrent durablement la qualité de vie de patients souvent jeunes. Identifier qui va récidiver est un besoin clinique majeur non satisfait.
Ce projet soulève des questions fondamentales encore ouvertes à l'interface de la physique de la matière molle, de la biologie de la coagulation et de la médecine clinique. Le réseau de fibrine est un hydrogel biopolymère aux propriétés remarquables : mécanique non linéaire, hétérogénéités structurales à toutes les échelles, cinétique de formation sensible à la composition plasmatique individuelle. Comment des variations subtiles de cette composition se traduisent-elles en différences mesurables d'architecture du caillot ? Ces différences sont-elles suffisamment robustes pour constituer un biomarqueur cliniquement utile ? Et comment articuler de façon quantitative les informations obtenues à des échelles aussi différentes que la protofibrille nanométrique et le réseau macroscopique ? Ces questions nécessitent des développements méthodologiques originaux - en particulier l'adaptation de dispositifs microfluidiques à la mesure standardisée sur faibles volumes de plasma - et une analyse intégrative de données hétérogènes sur de grandes cohortes.
À plus long terme, ce travail ouvre une voie vers un outil diagnostique miniaturisé et transférable à la clinique, dans un domaine où l'industrie des dispositifs médicaux cherche activement de nouvelles solutions.
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La maladie thromboembolique veineuse (MTEV) est la troisième cause de mortalité cardiovasculaire mondiale, et pourtant la décision thérapeutique centrale - prolonger ou arrêter le traitement anticoagulant - repose encore sur des outils prédictifs insuffisants. Pour plus de la moitié des patients, aucune cause n'est identifiée, et le risque de récidive reste mal stratifié. Ce projet explore une piste originale : exploiter les propriétés structurales et mécaniques du réseau de fibrine, caractérisées ex vivo à partir du plasma du patient, comme biomarqueurs prédictifs de récidive. L'hypothèse est que la signature physico-chimique du caillot - architecture multi-échelle, porosité, viscoélasticité, cinétique de structuration - reflète l'état de coagulabilité individuel et prédit le risque clinique mieux que les paramètres biologiques classiques. Pour tester cette hypothèse, une combinaison de techniques de physique de la matière molle sera déployée : SAXS, microscopie électronique (SEM/TEM), rhéologie macro et micro-échelle, microfluidique, spectroscopie de corrélation de photons. Les données seront analysées sur les grandes cohortes du GETBO par approches multivariées et apprentissage automatique.
Le ou la doctorant(e) rejoindra le GETBO (INSERM UMR 1304, Brest), unité de référence internationale en maladie thromboembolique veineuse. La thèse sera co-encadrée par le Dr Benjamin Espinasse,MD, PhD, (GETBO, UBO - physico-chimie et médecine vasculaire), le Pr Anke Lindner, PhD (PMMH, ESPCI Paris - microfluidique et rhéologie des fluides complexes) et le Pr Patrice Bacchin, PhD (LGC, Toulouse - physico-chimie de la matière molle et SAXS), offrant d'emblée une formation à l'interface de trois cultures scientifiques complémentaires. Le ou la doctorant(e) bénéficiera également de l'expertise clinique et épidémiologique du Pr Francis Couturaud, PhD, responsable du GETBO, dont les travaux sur la MTEV - notamment les essais PADIS - ont directement influencé les pratiques cliniques internationales. Le GETBO est membre du réseau national FCRIN INNOVTE, qui structure la recherche française sur la thrombose et ouvre des perspectives de collaborations et de visibilité à l'échelle nationale et européenne.
Sur le plan technique, le PMMH (Dr Olivia Du Roure, ESPCI Paris) mettra à disposition ses équipements et expertises de microfluidique et de micro-rhéologie, avec des séjours de formation prévus à Paris. Le LGC (Dr Pierre Roblin, Toulouse) donnera accès à l'équipement SAXS XENOCS. À Brest, la plateforme PIMM de l'UBO assurera l'accès à la microscopie électronique (SEM/TEM) et de fluorescence. Le laboratoire OPTIMAG (UBO), avec lequel le GETBO entretient une collaboration étroite et déjà productive sur la caractérisation optique de phénomènes liés à la coagulation, apportera son expertise en métrologie optique et caractérisation de milieux complexes. Ces mobilités entre Brest, Paris et Toulouse font partie intégrante de la formation doctorale envisagée.
Ce que le projet offre de rare, c'est l'accès à plus de 10 000 plasmas de patients issus de cohortes prospectives exceptionnellement bien documentées (BREIZH, PADIS-PEDVT, FIT-genetic, RENOVE) - une ressource unique en France pour valider cliniquement des biomarqueurs nouveaux. La thèse est financée conjointement par le CDE et la Chaire Thrombose.
Publiée le 05/05/2026 - Réf : 982627a040599a101c69ab3fd099b5aa