Détail du poste
Établissement : Université de Rennes École doctorale : École doctorale Sciences de la vie et de la santé Laboratoire de recherche : Nutrition, métabolismes et cancer Direction de la thèse : David VAL-LAILLET Date limite de candidature : 2026-05-28T00:00:00 Les adolescents et jeunes adultes (génération Z) acquièrent progressivement une autonomie financière et effectuent leurs propres choix alimentaires et achats, ce qui en fait une population clé pour l'étude des habitudes émergentes à l'entrée dans l'âge adulte. Ceux qui sont déjà parents ou le deviendront prochainement jouent également un rôle majeur dans la transmission des habitudes alimentaires à la génération suivante. Les jeunes adultes sont confrontés à de nombreuses injonctions contradictoires (IC) émanant des parents, des pairs, des éducateurs, des influenceurs numériques et des acteurs de la santé. Ils doivent composer avec des contraintes liées aux ressources financières ou à l'accès à l'alimentation, intégrer de nouveaux courants de pensée (par exemple la réduction des produits animaux pour des raisons éthiques ou environnementales), tout en arbitrant entre plaisir et santé. Afin d'améliorer les décisions alimentaires et de renforcer les actions de prévention, il est essentiel de comprendre non seulement les IC générant une forte charge cognitive lors de la prise de décision, mais aussi la manière dont cette charge varie selon les inégalités socio-économiques et culturelles. En combinant les neurosciences comportementales et l'économie expérimentale, ce projet vise à étudier les IC en lien avec les inégalités socio-économiques dans les décisions alimentaires. Des jeunes adultes issus de milieux socio-économiques variés seront comparés afin d'identifier le poids de différents facteurs d'arbitrage (plaisir, santé, coût, dimensions sociales et environnementales, etc .), ainsi que les IC spécifiques à chaque population et leurs origines. Différents types d'IC permettront d'examiner les bénéfices et coûts individuels et collectifs. Des techniques de neuroimagerie (IRMf/fNIRS) seront utilisées pour déterminer si différentes IC mobilisent des processus neurocognitifs distincts. Ces résultats contribueront à l'élaboration de politiques publiques, de programmes de prévention et de stratégies d'intervention favorisant des habitudes alimentaires saines et durables. Sur le plan financier en matière de fonctionnement, le directeur de thèse a obtenu un financement via les Défis scientifiques inter-pôles de l'Université de Rennes et dispose également d'un autofinancement pour garantir la conduite des expérimentations de thèse. Sur le plan matériel, l'équipe EAT de NuMeCan dispose d'un accès privilégié à la plateforme Neurinfo pour l'imagerie cérébrale par IRM, et détient en propre une station mobile d'acquisition en modalité fNIRS. L'unité SMART détient quant à elle une expertise de partenariat avec des sociétés d'enquête telles que celles qui seront sollicitées au cours de la thèse. Les outils et approches méthodologiques utilisés dans la thèse sont donc tous accessibles et déjà disponibles. Ce travail de thèse s'inscrit dans un partenariat scientifique permettant de réunir les expertises complémentaires de deux unités et deux départements INRAE, l'unité NuMeCan du département AlimH (Alimentation Humaine) et l'unité SMART du département EcoSocio (Économie & Sociologie), toutes deux en UMR, avec l'Université de Rennes et l'Inserm pour NuMeCan, avec l'Institut Agro pour SMART. Les deux encadrants de thèse portant ce projet (David VAL-LAILLET, HDR ; Pascale BAZOCHE) détiennent des expertises en neurosciences comportementales et nutrition d'une part, économie expérimentale d'autre part, des domaines de recherche permettant d'explorer de manière transdisciplinaire la thématique des prises de décisions et arbitrages en matière d'alimentation. Des collaborations existent déjà avec différentes unités possédant des compétences et expertises intéressantes dans le cadre de ce projet (INRIA à Rennes, CSGA à Dijon, Institut du Cerveau à Paris, etc .), et avec lesquelles des discussions pourront être engagées pour concevoir des tâches cognitives contextualisées ou contribuer à l'analyse de signaux et images obtenus en fNIRS et IRMf. Dans le cadre d'un projet plus vaste dans lequel cette thèse pourrait s'insérer, un partenariat avec des acteurs de la restauration rapide ou des parties prenantes telles que des associations pourrait être initié afin de proposer des stratégies et modes de communication/information adaptés aux adolescents et jeunes adultes en fonction des contextes de vente et de consommation alimentaire. Pour ce faire, une collaboration avec l'IGR-IAE de Rennes (Rozenn Perrigot) et l'EHESP a permis le dépôt de projets au PEPR SAMS et à l'appel Défis Scientifiques de l'Université de Rennes. Au niveau international, des collaborations pourraient être envisagées avec Eric Stice (Stanford University, USA, avec qui le directeur de thèse a déjà publié) sur les thématiques de prévention de l'obésité chez les jeunes, ainsi qu'avec Suzanne Higgs (University of Birmingham, UK) sur les déterminants psychologiques des décisions alimentaires. Le dialogue science-société sera favorisé par la recherche participative et la recherche action, en impliquant des jeunes de différents milieux en tant que sujets d'étude mais aussi en tant qu'acteurs, par le biais notamment d'initiatives comme la Convention Citoyenne Étudiante Alimentation devant voir le jour à l'automne 2026 dans le cadre des actions portées par la Chaire Aliments & Bien-Manger de la Fondation de l'Université de Rennes. Des interactions évidentes peuvent être programmées entre ce projet de thèse et le fonctionnement de la CCE Alimentation, afin de viser la synergie dans un objectif tout autant diagnostique qu'interventionnel. La Génération Z regroupe des adolescents et jeunes adultes nés entre la fin des années 1990 et le début des années 2010, souvent qualifiés de natifs du numérique. Bien que la notion de génération soit utile, les comportements alimentaires sont aussi influencés par de nombreux facteurs individuels, culturels et socio-économiques. Les jeunes acquièrent progressivement une autonomie financière et prennent leurs propres décisions alimentaires, ce qui en fait une population clé à étudier. Certains sont déjà parents ou le deviendront bientôt, influençant ainsi les habitudes alimentaires des générations futures. Leur rapport à l'alimentation est façonné par leur environnement, leurs croyances et leurs expériences personnelles. Les jeunes adultes sont exposés à de nombreuses injonctions contradictoires provenant de multiples acteurs sociaux. Ils font face à des contraintes financières et d'accès à l'alimentation, renforcées par des inégalités territoriales. Ils doivent également intégrer de nouveaux enjeux éthiques, environnementaux et sanitaires tout en recherchant le plaisir alimentaire. Ces injonctions génèrent une charge cognitive importante, variable selon les inégalités socio-économiques et culturelles. Des stratégies de prévention et d'intervention adaptées aux différentes sous-populations sont donc nécessaires. L'hypothèse centrale est que les inégalités socio-économiques influencent les motivations décisionnelles et les injonctions paradoxales liées aux choix alimentaires. Ces différences doivent guider la conception de programmes de prévention et de stratégies d'intervention adaptés à une alimentation saine et durable. Plusieurs hypothèses complémentaires sont posées : 1) Le poids des critères de décision alimentaire varie selon le milieu socio-économique, le niveau d'étude et la catégorie socio-professionnelle ; 2) Les arbitrages entre prix, plaisir, santé, environnement ou éthique diffèrent ainsi selon les populations ; 3) Les injonctions contradictoires rencontrées ne sont pas les mêmes d'un groupe social à l'autre ; 4) Les mécanismes neurocognitifs mobilisés varient selon le type de conflit décisionnel rencontré ; 5) La génération Z constitue une cible prioritaire en raison de son autonomie alimentaire émergente et de son rôle intergénérationnel. Le programme de recherche sera structuré en trois étapes permettant : 1) d'établir un état des lieux des liens existants entre injonctions contradictoires et inégalités socio-économiques en matière de prises de décisions alimentaires, via une revue systématique et une approche exploratoire par questionnaires sur le territoire national ; 2) d'identifier grâce à une étude en économie expérimentale des situations représentatives d'injonctions contradictoires chez des sous-populations spécifiques ; 3) de décrypter certains processus neurocognitifs conscients et inconscients sous-tendant ces injonctions contradictoires de façon à proposer des stratégies innovantes et adaptées en matière de prévention et intervention afin de favoriser une alimentation saine et durable chez les jeunes générations issues de différents milieux et horizons.
Publiée le 05/05/2026 - Réf : e356bd4bf025177b58bdbced16da5c88