Détail du poste
Établissement : Université de Tours École doctorale : Humanités et Langues - H&L Laboratoire de recherche : Centre Tourangeau d'Histoire et étude des Sources Direction de la thèse : Stéphanie SAUGET ORCID 0009000739604150 Début de la thèse : 2026-09-01 Date limite de candidature : 2026-05-07T23:59:59 Personnalité culte de l'histoire de la radio, Menie Grégoire a été une oreille attentive pour des milliers de femmes sur les antennes d'RTL. Pour autant, aucune thèse d'histoire n'a étudié le phénomène Menie Grégoire et ses implications culturelles et politiques. Le projet de thèse a donc pour ambition d'étudier les deux émissions radiophoniques présentées par Menie Grégoire de 1967 à 1981, en mettant en lumière leur dimension éminemment politique auprès d'un public très majoritairement féminin.
« Allô Menie », première émission de libre antenne à donner la parole aux femmes, est diffusée quotidiennement de mars 1967 à juillet 1981 et réunit environ deux millions d'auditeurs, dont 90% d'auditrices. L'horaire de diffusion, 15 heures, permet aux femmes au foyer d'écouter et d'appeler Menie en l'absence de leur mari et de leurs enfants scolarisés, tandis que les femmes qui travaillent racontent dans leurs courriers écouter ensemble l'émission de Menie Grégoire dans leurs ateliers. Chaque émission traite d'un thème, répertorié dans les « carnets noirs » de Menie qui permettent à cette dernière d'organiser ses émissions et qu'elle a également déposés aux archives départementales d'Indre-et-Loire.
« Responsabilité sexuelle » est diffusée de 14h30 à 15h00 sur RTL à partir de la fin de l'année 1973 jusqu'en 1978. L'émission, destinée à traiter de sujets liés à la sexualité, est lancée à la suite de la décision du ministre de l'Éducation nationale inscrivant l'éducation sexuelle dans les programmes scolaires. Assistée d'un médecin dont les carnets de notes sont aussi archivés à Tours, Menie Grégoire discute et analyse les courriers de ses auditeurs et auditrices sur des questions sexuelles. Les sujets abordés, encore tabous dans la France des années 1970, ne manquent pas de choquer une partie de l'opinion publique malgré la diffusion en différé de l'émission pour éliminer au montage les expressions trop crues utilisées par les appelants.
L'objectif de la thèse est d'étudier principalement la parole féminine que ces émissions rendent possibles, sans pour autant la détacher de la figure de Menie Grégoire, femme médiatisée et publique qui semble pourtant perçue par ses auditrices comme une confidente et une intime. Il s'agit d'interroger les expressions de soi permises par l'exercice épistolaire, ici particulier puisqu'à destination d'une personnalité publique. Véritables « fenêtres vers les voix des femmes françaises », les lettres adressées à Menie Grégoire seraient le reflet des opinions et revendications des femmes des années 1970. La thèse vise ainsi à saisir les formes de politisation ordinaire des auditrices via leurs postes de radio et ces émissions en particulier, une politisation rendue possible par la figure particulière de Menie Grégoire qui reçoit, analyse et rend public les récits des auditrices, et par une prise de conscience, permise par l'émission, des difficultés collectives des femmes longtemps reléguées au privé et à l'individuel.
Thèse en co-direction entre l'université de Tours et l'université Paris Panthéon-Assas.
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Publiée le 14/04/2026 - Réf : e0adc11c106f93c071b900ee5671bc64