Détail du poste
Établissement : Université Polytechnique Hauts de France École doctorale : Ecole Doctorale Polytechnique Hauts-de-France Laboratoire de recherche : Laboratoire de Recherche Sociétés & Humanités - Département DeScripto Direction de la thèse : Elise BRAULT ORCID 0009000809709098 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-07-04T23:59:59 Le projet de thèse se propose d'étudier la représentation littéraire des council estates de 1979 à aujourd'hui, en prenant pour point de départ l'accession au pouvoir de Margaret Thatcher. En effet, les politiques néolibérales mises en oeuvre à partir de la fin des années 1970, comme la généralisation du Right to Buy, constituent un tournant décisif dans l'histoire du logement social. La période envisagée est marquée par une réduction drastique du parc de logements sociaux, parallèlement à une intensification des stigmates pensant sur les estates et leurs habitants. Le prolongement de notre étude au-delà des deux mandats de Margaret Thatcher permet d'adopter une perspective diachronique qui vise à mettre en lumière la manière dont les oeuvres littéraires donnent à voir les effets durables de ces politiques, jusqu'aux débats contemporains sur la crise du logement et la régénération urbaine.
Nous accorderons une place centrale à la question de l'espace et à l'ancrage territorial du corpus. Il s'agira d'analyser les estates en prenant en compte les spécificités des territoires concernés et la diversité géographique du Royaume-Uni.
La thèse s'inscrit au croisement des urban literary studies, de la géographie littéraire et du spatial turn. En considérant l'espace non comme une donnée neutre mais comme le produit de constructions discursives multiples, elle entend montrer que la littérature peut contrebalancer les discours dominants qui marginalisent les estates en proposant des contre-récits qui ouvrent la voie à une reconfiguration symbolique de ces lieux. Sans pour autant opérer une esthétisation de la pauvreté, notre analyse portera sur la manière dont la mise en récit ou en poésie des estates permet de faire émerger des voix habituellement marginalisées.
Cette démarche interdisciplinaire s'inscrit dans le prolongement des travaux de Michel de Certeau qui met en évidence la tension entre un ordre spatial préétabli -ici façonné par les politiques de planification urbaine et sociale- et les pratiques ordinaires par lesquelles les subjectivités habitent et s'approprient l'espace. Les council estates constituent un terrain privilégié pour penser cette tension. De plus, l'attention portée par de Certeau au langage, envisagé comme un médium de réappropriation spatiale, permet de justifier notre approche résolument littéraire. Nous nous concentrerons sur les dispositifs formels et langagiers - polyphonie, registres de langue, fragmentation, performativité scénique, écriture poétique de l'espace- qui font des estates des espaces lisibles et sensibles. En d'autres termes, il s'agira d'étudier les moyens par lesquels les estates deviennent des espaces signifiants donnant forme aux expériences vécues.
Cette thèse en littérature, qui offre un éclairage interdisciplinaire, vise à faire émerger l'objet littéraire comme témoignage d'une réalité sociale et comme co-constructrice d'un discours des acteurs sociaux.
Le profil recherché
1). une capacité d'analyse fine de texte littéraire
2). une excellente maitrise de la langue anglaise
3). une bonne connaissance des enjeux de l'interdisciplinarité
Publiée le 18/05/2026 - Réf : 9ef43483348d39b469ea3a479f6c8a95